Italie: Visite de Jean Paul II en Campanie (240592)
Naples/Caserte/Capoue, 24mai(APIC) Le pape Jean Paul II, en visite pastorale dans le sud de l’Italie, a été informé samedi à Caserte de l’attentat
meurtrier qui a coûté la vie à l’ancien juge anti-maffia Giovanni Falcone
(53 ans), à son épouse et à trois de ses gardes du corps, et il a prié pour
les victimes. A Capoue, dimanche à midi, Jean Paul II a déclaré qu’il n’y
avait pas de mots pour exprimer correctement l’horreur suscitée par ce déchaînement de cruauté. Le pape avait à plusieurs reprises au cours de cette
visite dénoncé la camorra, le crime organisé de cette région de l’Italie.
Les milieux d’Eglise ont été bouleversés par cet assassinat et le cardinal Michele Giordano, archevêque de Naples, s’est dit consterné que le crime organisé puisse frapper "au coeur de l’Etat". C’est la 103e visite pastorale de Jean Paul II en Italie; il était encore au début du mois au
Frioul et en Vénétie julienne. Le pape, samedi et dimanche, a visité en
Campanie les villes de Nola, Caserte et Capoue.
"Aucune règle de marché ne peut piétiner la justice"
Dans sa première étape, le pape a notamment averti qu’après la faillite
historique du communisme, on risque de passer à "une sorte d’idôlatrie du
marché" qui, si elle devait s’affirmer au niveau national et international,
amenèrait des conséquences néfastes pour les plus pauvres. Le pape a mis
l’accent sur l’urgence de réaffirmer les exigences de la justice qu’"aucune
règle de marché ne peut piétiner".
Le pape a souligné l’importance de l’initiative des entreprises qui, "si
elle est réalisée en conformité avec les exigences éthiques, n’est pas seulement source de richesses et de travail, mais aussi un facteur d’authentique promotion sociale et culturelle". Le souverain pontife a en même temps
réaffirmé la valeur des syndicats, à conditions qu’ils restent fidèles à
leur tâche de représentation et de défense des droits de la justice, sans
se plier à des fermetures corporatives, sans céder à la tentation de la
corruption et de l’abus de pouvoir, sans s’abandonner à des formes de lutte
irrespectueuses du bien commun.
A Santa Maria Capua Vetere, à la fin d’une session d’étude organisée
pour le 1’600e anniversaire du Concile de Capoue, le pape a demandé aux
théologiens, dimanche en fin de journée, de présenter "de façon correcte et
intégralement" la question de la virginité de la Vierge Marie, étant donné
que le climat culturel actuel n’est pas toujours sensible à cette réalité.
Il a toutefois demandé que l’on ne défende pas à ce propos des positions
unilatérales ou exagérées. Ainsi, il ne faut pas, que ce soit de manière
directe ou indirecte, diminuer la valeur et la dignité du mariage voulu par
Dieu. (apic/cic/be)