Italie: Visite de deux jours du pape dans le Piémont (190390)
Ivrée, 19mars(APIC) "Le dimanche est pour le chrétien l’occasion de témoigner de sa foi non seulement en Dieu, mais aussi en l’homme et en ses
valeurs surnaturelles", a déclaré Jean Paul II au cours d’une messe célébrée lundi à l’abbaye de San Benigno Canavese, dans le Piémont. En visite
pour deux jours dans cette région d’Italie, le pape a été accueilli à Ivrée
au Siège de la firme Olivetti par Carlo de Benedetti et à la firme automobile Lancia à Chiavasso par G. Agnelli, patron du groupe Fiat.
Devant l’auditoire rassemblé à l’abbaye, le pape a poursuivi en relevant
que "le chrétien doit s’engager pour que soit respecté ce droit à la sacralité du dimanche. Il devra donc soutenir les forces sociales et politiques,
afin qu’elles orientent l’opinion publique, et donc les contrats et les
lois, de sorte que lui soit garantie la possibilité de vivre selon les
principes et les valeurs qui trouvent dans le dimanche leur point de référence".
Le pape a en outre répété et étayé des arguments déjà mis en valeur par
l’épiscopat italien: le rythme de la vie exige une pause dans le travail,
et ce repos doit si possible coïncider pour tous les membres de la famille.
Jean Paul II se trouvait dans le Piémont dans le cadre d’une visite de
deux jours dans le diocèse d’Ivrée, une ville du triangle industriel du
Nord de la Péninsule (Milan-Turin-Gênes), non loin du Val d’Aoste. Siège
d’un évêché, Ivrée, une ville de 30’000 habitants, est surtout connue pour
être le siège de la célèbre firme de machines à écrire qu’y fonda en 1908
Camillo Olivetti et qui est aujourd’hui l’un des fleurons du groupe De Benedetti.
Technologie et exploitation
Accueilli par Carlo de Benedetti, Jean Paul II a rappelé que la norme
fondamentale qui règle toute activité liée au travail "ne peut humilier
l’homme, mais doit lui permettre de s’exprimer dans sa dignité transcendante, en réalisant progressivement ses capacités propres".
Le pape a averti également que le choix des technologies ne peut être
déterminé par la seule logique du profit; qu’on ne peut "moralement accepter" une aggravation du chômage comme une conséquence inévitable du recours
aux technologies de pointe. Ainsi, a-t-il dit, "les technologies liées à
l’informatique ne peuvent être rabaissées à des instruments d’exploitation
irrationnelle, de manipulation contre nature et d’illégitime pression psychologique".
Le droit au travail des migrants
Lors de sa visite à la firme automobile Lancia à Chiavasso, où l’attendait G. Agnelli, le patron du groupe Fiat, le pape, s’adressant à ses 5’800
travailleurs, a parlé de la solidarité. Celle-ci doit se vivre à différents
niveaux à l’intérieur de l’usine, dans les syndicats - qu’il a invités à
emprunter la voie du dialogue et de la négociation - et autres instruments
de revendication.
Réaffirmant la primauté de l’homme sur le travail et la technologie,
Jean Paul II a observé que cette "catégorie morale" qu’est la solidarité
dépasse aussi les frontières. Il a défendu le droit du migrant à rechercher
du travail au-delà des frontières nationales et continentales afin d’assurer son propre épanouissement et celui de sa famille. A un moment où les
thèmes de l’immigration et du racisme refont surface dans la Péninsule, Jean Paul II a précisé que ce droit au travail n’exclut pas la légitimité
d’une réglementation de l’immigration.
Arrivé au Piémont le dimanche 18 mars, Jean Paul II a également rencontré des agriculteurs et des jeunes. Il a regagné Rome lundi en début de
soirée. (apic/jt/cip/pr)