Rome, 30mars(APIC) Un évêque escorté par des motards. L’image est insolite, mais bien réelle. Mgr Antonio Ciliberti, évêque de Locri-Gerace, en Calabre, qui a dénoncé les agissements de la mafia locale, la "’ndrangheta",
n’a pu vivre l’entièreté de son carême sans la protection de la police.
L’évêque a d’ailleurs été averti qu’on lui en voulait : des coups de feu
ont été tirés dans la porte d’entrée de sa maison. Et tout le monde à Locri
pense que l’avertissement est signé par la mafia. Elle s’est fait connaître
dans la région par de nombreux enlèvements de personnalités assortis de
demandes de rançons.
Il y a une semaine, le feu avait été mis à la salle de cinéma et de
théâtre gérée par les religieux salésiens à Locri. Deux jours avant, le Père jésuite Bartolomeo Sorge avait tenu dans cette salle une conférence sur
le rôle de l’Eglise dans la lutte contre la mafia. Originaire de Palerme,
le Père Sorge est une figure très connue en Italie pour ses prises de position contre la mafia et son appui sélectif à la Démocratie Chrétienne, dont
une aile seulement semble prendre ses distances par rapport à la mafia,
tandis qu’un autre courant est accusé d’être moins critique face au crime
organisé.
Après les actes d’intimidation dont l’évêque de Locri a été victime, un
député communiste a interpellé le ministre italien de l’Intérieur Gava pour
savoir quelles mesures celui-ci a l’intention de prendre. (apic/cip/be/cor)