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    Une centaine de réfugiés-refoulés de Suisse manifestent à la frontière

    Italie: un premier août pas comme les autres (010888)

    Como-Ponte Chiasso, 1eraoût(APIC) Une centaine de personnes, la plupart

    réfugiés refoulés de Suisse en Lombardie, ont participé lundi 1er août à

    Como-Ponte Chiasso, commune italienne située à la frontière de la Suisse, à

    la manifestation du 1er août organisée par le Comité européen pour la

    défense des réfugiés et immigrés (CEDRI) et l’abbé Cornelius Koch dans le

    but de protester contre la politique du gouvernement suisse adoptée dans la

    question les réfugiés. Au cours de plusieurs discours, les responsables de

    la manifestation ont notamment dénoncé le fait que plusieurs réfugiés ont

    été victimes de brutalités dans des bureaux de douanes et de polices en

    Suisse avant d’être refoulés.

    Pour les organisateurs, il s’agissait également de rappeler au peuple

    suisse, en ce jour anniversaire de la fondation de notre pays, que la "solidarité avec les réfugiés et le droit d’asile ne sont pas des accessoires

    humanitaires, mais que cela fait aussi un peu partie de notre identité".

    Munis de leur passeport dans lequel figure un gros "R", comme refoulés,

    et administré par les douanes suisses au moyen d’un tampon, les quelque

    cent manifestants, venus en majorité de Lombardie, ont écouté le Père Marino Haile, lui-même réfugié noir de l’Erythrée, émettre l’espoir de voir la

    Suisse changer d’attitude envers les réfugiés, en particulier ceux de race

    noire. Porte-parole des réfugiés-refoulés, le Père Haile a réitéré l’accusation selon laquelle plusieurs requérants d’asile avaient été battus dans

    plusieurs bureaux de douanes et de polices suisses. Une affirmation déjà

    lancée à Milan le 15 décembre dernier en présence de 4 parlementaires suisses.

    L’accusation la plus grave est cependant venue du "prêtre des réfugiés",

    de l’abbé Cornelius Koch, membre du Convention du CEDRI. Selon ce dernier

    en effet, "on aurait totalement perdu la trace de plusieurs requérants

    d’asile. Ceux-ci ont disparu après avoir effectué leur dèposition auprès de

    la police", affirme-t-il avant d’ajouter: "Des recherches les concernant

    sont demeurées infructueuses, nous avons perdu leurs traces. Aprés le scandale des "R" comme réfugié découvert il y a plusieurs mois, au autre survient maintenant avec les "disparus". Mais à la différence des Mères de

    Buenos Aires, en Argentines, les mères des réfugiés-disparus ne pourront

    guère venir manifester à Berne. Et pour cause".

    Quant à l’abbé Nunzio Ferrare, secrétaire des Affaires étrangères de

    l’archiocèse de Milan et responsables pour les réfugiés et immigrés de Lomardie (près de 100.000 selon des estimations officielles), il a insisté

    sur l’aspect moral et éthique de la "fermeture des frontières suisses" aux

    réfugiés.

    Au cours d’une action symbolique les manifestants ont ensuite brulé un

    immense "R" découpé dans un carton jaune, tandis que 6 millions de lire

    (environ 7000 francs), soit une lire par habitant, étaient remis aux réfugiés-refoulés de Suisse en Lombardie. (apic/pr)

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