Italie: Selon le théologien Lino Ciccone, le mariage (191092)
Rome, 19octobre(APIC) Il n’est pas moralement licite pour une personne
séropositive de contracter un mariage, estime le théologien italien Lino
Ciccone, qui enseigne la théologie morale à l’Institut Académique de Théologie de Lugano. Dans un article sur les problèmes éthiques dans le couple
en cas de sida publié dans la revue "Médecine et Morale", de l’Institut de
bioéthique à Rome, qui dépend de l’Université catholique du Sacré-Coeur de
Milan, le moraliste italien estime que les relations sexuelles à l’intérieur d’un couple, dont l’un ou les deux membres sont infectés, ne sont pas
non plus permises du point de vue moral.
Selon Lino Ciccone, les rapports sexuels en cas de séropositivité sont
un acte "gravement irresponsable", car "l’acte conjugal, qui est structurellement un acte d’amour, l’expression la plus grande de l’amour entre les
deux époux, assume, sur le plan objectif, les traits d’un véritable et propre attentat contre la vie du conjoint. L’intime communion corporelle se
fait porteuse de germes de mort".
Quant à l’usage du préservatif, qui pourrait limiter dans une certaine
mesure les risques de contamination, son usage est également interdit,
étant donné que toute forme de contraception artificielle est "moralement
inacceptable", "intrinsèquement malhonnête". "Le seul choix éthiquement valide" est à ses yeux l’abstinence, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’alternative possible au renoncement à l’acte sexuel.
Si en général il y a non seulement un droit à refuser l’acte sexuel avec
son conjoint séropositif, mais encore un devoir "en règle générale", il
peut y avoir des exceptions dans des cas précis. Ainsi, relève-t-il, la
grande majorité des séropositifs en Italie (quasi le 70 %), est constitué
de toxicomanes ou d’anciens toxicomanes, tandis qu’une autre partie est
constituée de personnes qui s’adonnent à des pratiques homosexuelles masculines (le 17 %) ou à la promiscuité sexuelle.
Sur la base de telles histoires personnelles, il est fréquent que le
sens moral soit gravement émoussé, en particulier dans le domaine sexuel.
Le séropositif par conséquent peut être incapable de percevoir la malhonnêteté de rapports sexuels avec son propre conjoint; et plus encore il peut
bien être incapable de vivre une abstinence sexuelle complète. Le conjoint
sain, considérant le bien de l’autre (qui risquerait par exemple de
s’abandonner au désespoir), peut en arriver à décider de ne pas rompre
l’intimité sexuelle habituelle. Exposer sa santé voire sa propre vie, estime-t-il, est licite quand il y a une raison proportionnellement grave. Ce
qui est le cas ici. Le faire consciemment et librement pour le bien d’autrui peut bien s’appeler "charité héroïque". (apic/cic/be)