Italie: religieuse et passionnée de football (190690)
Florence, 19juin(APIC) On peut être religieuse et vénérer la Madone. Cela
n’empêche nullement d’aimer le football et d’admirer Maradona. Soeur
Cristiana Ecca, une italienne de 50 ans a la passion du football. Quoi de
plus normal en Italie où ce sport est roi et à l’heure où la coupe du monde
bat son plein et provoque passions et commentaires partout dans le monde?
Soeur Cristina Ecca, à l’instar de ses compatriotes sans doute, espère voir
l’Italie rééditer son exploit de 1982 en Espagne. Mais à quel saint mon
Dieu doit-elle se vouer pour empêcher son équipe favorite de trébucher?
Du football, la religieuse-footballeuse en connaît toutes les ficelles.
Elle le pratique en habit religieux en entraînant les élèves de l’Institut
du Sacré-Coeur, à Ruffina, à une vingtaine de kilomètres de Florence, en
vue du championnat des jeunes de la région. Une équipe qu’elle espère mener
au succès. Pour elle qui a fêté ces jours-ci 25 ans de vie religieuse,
l’Eglise et le football font bon ménage: "Il y a d’un côté comme de l’autre
des prescriptions sévères et enfreindre les règles est sanctionné". Sa
théorie a fini par convaincre les autres soeurs: "Au début, elles étaient
sceptiques lorsque je jouais, car elles pensaient que cela était réservé
aux hommes et qu’une religieuse n’avait rien à voir avec ce sport".
Sa passion pour le ballon rond est née dans sa jeunesse, passée près de
Cagliari, en Sardaigne. Depuis, elle a appris les dribbles les plus efficaces. Mais aussi qu’elle n’a de compte à rendre sur un terrain qu’à l’arbitre pour se faire pardonner les éventuelles et rares fautes commises contre
un joueur. Du reste, Soeur Cristiana enseigne à ses élèves que football signifie aussi loyauté, respect mutuel, amitié, compréhension et esprit
d’équipe.
La soeur-footballeuse connaît tout des idoles du football. Y compris "la
main de Dieu" de Maradona du Mundial au Mexique et celle tout aussi célèbre
désormais du Mondiale d’"Italia 90". Si Soeur Cristiana avoue qu’une photographie de l’équipe nationale d’Italie orne les murs de sa classe aux côtés
du crucifix, elle refuse en revanche de répondre à la question de savoir si
la réplique a trouvé place dans sa cellule au couvent. Ou à côté de la vidéo à laquelle elle a recours pour suivre les rencontres. Notamment celle
jouée entre les "Diables rouges" belges et la "Céleste" d’Uruguay gagnée
par les "Diables rouges". "Mes journées se terminent trop tôt pour que je
puisse regarder les matches en direct". Sans doute fera-t-elle une exception pour la finale du Mondiale. Que l’Italie jouera. Si Dieu le veut.
(apic/cic/pr)