proposition d’excommunier les "mafiosi"
Rome, 19mai(APIC) La proposition d’excommunier automatiquement les "mafiosi" et autres membres d’associations criminelles, lancée par le cardinal
Michele Giordano, archevêque de Naples, à l’occasion de la 31e assemblée
plénière de la Conférence épiscopale italienne (CEI), ne fait pas l’unanimité parmi les 300 évêques italiens qui étaient réunis à Rome jusqu’au
vendredi 19 mai. "On ne combat pas la mafia avec les foudres de l’excommunication", affirme ainsi Mgr Antonio Riboldi, évêque d’Acerra, dans le Mezzogiorno.
Mgr Riboldi, dont l’engagement contre le crime organisé ne fait pas de
doute, s’est montré plutôt sceptique face à cette proposition discutée à la
CEI. Dans une interview accordée au "Corriere della Sera", il a cependant
salué la valeur morale que présente la menace d’exclusion de l’Eglise des
membres de la mafia, à l’instar de Leoluca Orlando, le courageux maire de
Palerme. Pour lui, l’Eglise catholique donne ainsi du courage à tous les
citoyens engagés dans la lutte contre la mafia. Mais plusieurs prêtres de
la capitale sicilienne ont exprimé leurs doutes quant à l’efficacité
concrète d’une telle mesure.
Une partie des travaux de l’assemblée des évêques italiens a été consacrée à la préparation d’un document épiscopal consacré à la situation
dans le "Mezzogiorno", le sud de la Péninsule. Ce document devrait être
rendu public d’ici la fin de l’année.
L’archevêque de Naples s’est déclaré partisan d’une condamnation "nette,
claire et sans équivoque" de la mafia. Certains évêques se sont prononcés
en faveur de sanctions canoniques, allant jusqu’à l’excommunication automatique, vu la difficulté, entre autres, d’identifier les responsables des
délits, que protège "l’omerta", la loi du silence.
Le cardinal Giordano est sensible à cette réalité, puisque que dans sa
ville, ou sévit la sanglante "camorra", il a demandé au clergé de refuser
que des membres présumés de la mafia soient proposés comme parrains de
baptême ou de confirmation. L’excommunication des mafieux a déjà été
décrétée dans les années 50 en Sicile, décision confirmée par les évêques
de l’île en 1982. Si la Conférence épiscopale italienne devait prendre une
décision similaire, la sanction devrait être étendue à la "camorra" napolitaine ainsi qu’à la "ndrangheta" calabraise. (apic/cic/be)