Italie : Plus question de quitter l’école si (200590)
Le feuilleton de l’enseignement religieux se poursuit
Rome, 20mai(APIC) En Italie, les élèves qui ont choisi de ne pas suivre
le cours de religion catholique ne pourront plus quitter l’école avant la
fin des cours. C’est ce qui résulte d’une décision rendue publique le 19
mai par le Conseil d’Etat.
Le problème posé par l’organisation de l’enseignement religieux a déjà
soulevé pas mal de débats en Italie ces dernières années. Le cours de religion avait fait notamment l’objet d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle
stipulant que les élèves ne suivant pas ce cours ne sont pas obligés de
suivre des cours alternatifs. Dans le cas contraire, précisait la Cour, il
y aurait discrimination.
La récente décision du Conseil d’Etat fait suite à des recours introduits contre deux circulaires du ministre italien de l’Education. Selon les
deux circulaires incriminées, les élèves ne fréquentant pas le cours de religion sont tout de même tenus de rester à l’école. Différents groupes religieux (juifs, protestants évangéliques, vaudois, adventistes, etc.) ainsi
que des associations de parents ont introduit un recours contre ces dispositions auprès du Tribunal Administratif Régional (TAR) du Latium. Le 28
février dernier, le TAR a jugé les recours recevables. Conséquence : les
élèves ne suivant pas le cours de religion catholique avaient désormais la
possibilité de quitter l’école.
Mais le jugement du TAR a fait lui-même l’objet de nombreux recours auprès du Conseil d’Etat, entre autres de la part du ministre de l’Education
nationale et de la Conférence épiscopale italienne. Le Conseil d’Etat vient
donc de suspendre l’arrêt du TAR, mais ne prend pas position sur le fond.
Il justifie cette décision en expliquant que le jugement du TAR créait une
absence de discipline pouvant troubler toute l’organisation d’une école. On
attend désormais une nouvelle décision de la Cour Constitutionnelle.
Le cardinal Poletti, président de la Conférence épiscopale italienne, a
déclaré, peu après avoir appris la décision du Conseil d’Etat : "Nous avons
confiance en la justice italienne. Cette décision ne nous étonne donc pas".
Le cardinal Poletti a aussi précisé que la perspective d’avoir moins d’heures de cours ou de pouvoir quitter l’école plus vite n’était pas sans influence sur le choix des élèves qui ne fréquentent pas le cours de religion
catholique. (apic/jt/be)