Rome, 10août(APIC/CIP) Le flot de critiques émanant de la communauté juive suite aux propos tenus par Jean Paul II lors des audiences générales du
mercredi ne semble pas prêt de se tarir. Cette semaine à nouveau, Jean Paul
II a parlé du non respect par les juifs de l’ancienne alliance avec Dieu.
Dans sa catéchèse, le pape a répété que "l’ancienne alliance entre le
Seigneur Dieu et le peuple d’Israël, instituée à travers la théophanie
(NDLR : l’initiative de Dieu de se manifester) du Sinaï, était fondée sur
la loi. Au coeur de cette alliance, on trouve le Décalogue. Le Seigneur
invite son peuple à observer les commandements... Vu que l’alliance ne fut
pas respectée fidèlement, ajoutait le pape, Dieu, à travers ses prophètes,
annonce qu’il instituera une Nouvelle Alliance..."
Le vice-président de l’Union des communautés israélites d’Italie,
Fernando Piperno, a accueilli avec "une douloureuse surprise" cette
nouvelle déclaration du pape. Il a indiqué que son organisation reprend à
son compte la position déjà exprimée par la Ligue antidiffamatoire B’nai
B’rith.
Un représentant de la communauté juive de Milan, M. Meloni, juge
sévèrement des propos qu’il qualifie de "préconciliaires". "Par de telles
lesquelles elle se considère comme l’unique dépositaire de la parole de
Dieu... C’est là une position paradoxale, qui contraste avec le
rapprochement avec la communauté juive réalisé par la rencontre entre le
rabbin de Rome Elio Toaff et le pape...", a-t-il ajouté, avant d’observer
que "la politique de l’Eglise à l’égard de la communauté juive semble être
inspirée par "la logique de la carotte et du bâton, d’une part, le
rapprochement, par la rencontre avec E. Toaff, d’autre part, les
considérations de l’audience générale".
Déjà au lendemain de l’audience du 2 août, les rabbins David Rosen et
Leon Klenicki, de la Ligue antidiffamatoire B’nai B’rith, avaient fait part
de leur "profonde préoccupation" concernant les implications théologiques
de la catéchèse de Jean Paul II. Ils avaient reproché au pape d’isoler de
leur contexte religieux et historique juif les paroles des prophètes dans
le but d’affirmer l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu et la
chrétienté, "sans suggérer une seule fois que l’alliance du Sinaï avec le
peuple hébreu est elle aussi éternelle". Comme si, ajoutaient-ils,
l’alliance chrétienne avait "dépassé et remplacé l’alliance de Dieu avec le
peuple juif pour punir l’infidélité à Dieu de la part d’Israël".
(apic/cip/mg)