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    Le monde manque d’une tradition juridique claire en la matière (031293)

    Italie: les juristes catholiques se penchent sur le droit d’ingérence

    Rome, 3décembre(APIC) Le 3e Congrès de l’Union des juristes catholiques

    italiens a été ouvert vendredi à Rome. Ces assises, qui se tiendront jusqu’à samedi, ont pour thème les interventions humanitaires et les raisons

    d’Etat. Les participants se pencheront en outre sur les appels lancés par

    le pape depuis un an en faveur de l’ingérence humanitaire.

    Le premier appel avait été adressé le 5 décembre 1992 à l’organisation

    de l’ONU pour la lutte contre la faim (FAO) ainsi qu’à l’Organisation

    mondiale pour la santé (OMS). Le 16 janvier 1993, Jean Paul II tenait des

    propos semblables devant le corps diplomatique. Tout récemment encore, il

    lançait un appel à la communauté européenne.

    Les différentes prises de position ont été résumées par le jésuite français J. Joblin, qui a dégagé plusieurs axes. L’un n’est autre que l’existence d’une obligation naturelle d’assistance, fondée sur le droit de

    communication; un autre tourne autour de l’existence d’intérêts qui transcendent ceux des Etats. Ceci débouche sur le rejet du principe de souveraineté nationale comme principe absolu. Enfin, dit-il, une responsabilité

    spéciale est confiée à l’Europe comme entité politique en formation.

    D’un côté, constate-t-on, il y a l’article 96 des statuts des Nations

    Unies qui engagent les pays à faire respecter les droits de l’homme; d’un

    autre, on manque, en matière d’ingérence, d’une tradition juridique claire.

    "La difficulté majeure est évidemment de concilier l’usage de la force avec

    la sauvegarde de la paix". On craint également qu’une aide humanitaire ne

    se transforme en ingérence indue. Les cas de l’Irak et de la Somalie sont

    les exemples cités.

    Pour une instance jurique permanente

    Le monde, insiste plusieurs juristes, a besoin d’une instance juridique

    permanente qui puisse garantir le respect des droits de l’homme en assurant

    une répression plus uniforme et moins partiale. Le tribunal international

    de La Haye, selon eux, est considéré de ce point de vue comme un "premier

    pas dans la bonne direction". Reste, suggère-t-on, qu’il faudrait aussi

    mettre fin au déséquilibre par lequel les décisions sont contrôlées par le

    Conseil de sécurité des Nations Unies, en majorité dominé par les pays développés.

    Parmi les récentes tentatives de mettre au point un cadre juridique, une

    mention spéciale est faite au "projet de Code des crimes contre la paix et

    la sécurité de l’humanité", un projet patronné par l’ONU en 1991, ainsi que

    le projet de statuts du tribunal pénal international, rédigé en 1992 par

    Cherif Bassouni, président de l’Association internationale de Droit pénal.

    Parmi les abus du droit international, on a cité le fait que les Etats

    en cause pourraient empêcher l’action de la Croix-Rouge, par exemple,

    actuellement tenue à la discrétion et à l’impartialité. Certains redoutent

    en effet qu’elle puisse recueillir des preuves qui pourraient, par la suite, être utilisées par un tribunal international. (apic/sv/pr)

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