Italie : les évêques dénoncent la passivité de (171187)
Rome, 17novembre(APIC/CIP) Du 12 au 14 novembre s’est tenue à Rome une
rencontre organisée par la Commission des moyens de communication sociale
de la Conférence épiscopale italienne consacrée au phénomène de la pornographie, toujours plus envahissante dans les revues, à la télévision et
dans la production cinématographique. Un phénomène qui, selon Mgr Maccari,
président de la Commission, engendre des effets désastreux chez les enfants
et les jeunes et qui inquiète sérieusement les parents.
Mgr Maccari déplore à ce sujet la passivité des autorités italiennes,
les pressant d’appliquer la législation en vigueur et d’appliquer éventuellement de nouvelles mesures pénales propres à freiner le déclin moral des
Italiens.
Une "pornographie étatique"
A l’occasion de la rencontre, un avocat a montré que de nombreux subsides et exemptions d’impôts favorisent "l’industrie pornographique", au
point que l’on peut parler aujourd’hui d’une "pornographie étatique".
Pier Ciorio Leverai, vice-directeur du quotidien catholique "Avvenire",
a fait état de chiffres révélateurs. Selon lui, le chiffre d’affaires de la
pornographie dans les médias italiens atteint désormais mille milliards de
lires. La presse spécialisée totalise à elle seule des bénéfices évalués à
300 milliards de lires, un pactole que se répartissent une cinquantaine de
revues. 55 millions de cinéphiles (de 35 à 40 % de l’ensemble) avouent voir
un film pornographique une fois par an. Environ 250 films pornographiques
sont distribués annuellement, dont les recettes atteignent 70 milliards de
lires. Et, selon certains sondages, environ 1,5 millions d’Italiens lisent
régulièrement une revue "spécialisée".
L’une de questions soulevées à la rencontre a été celle de savoir dans
quelle mesure le client ne peut être considéré comme complice. Pour les
participants, cet aspect mérite d’être soulevé dans la mesure ou les industriels de la pornographie se servent souvent d’enfants et de jeunes en
provenance des pays pauvres ou la prostitution enfantine est déjà largement
pratiquée. D’ou, ont-ils conclu, la responsabilité morale de tout utilisateur et, de la part de l’Etat, le devoir d’exercer un contrôle plus sévère.
(apic/jt/be)