Rome, 1er septembre 1988 (APIC/CIP) Le pape Jean Paul II est attendu
vendredi soir à Turin, dans le nord de l’Italie, pour une visite de trois
jours qu’il effectuera dans la capitale du Piémont. C’est la deuxième fois
que le pape se rend à Turin, sa précédente visite dans cette ville remonte
à 1980. Ce nouveau rendez-vous intervient à l’occasion de l’année du centenaire de la mort de Don Bosco, qui fut fondateur de la Congrégation des Salésiens. Saint Jean Bosco mourut le 31 janvier 1888, dans une modeste
chambre d’un quartier pauvre de Turin, ou le pape se rendra d’ailleurs le
dernier jour de son séjour.
Dans une interview accordée à Radio Vatican, le supérieur général des
Salésiens, le Père Egidio Vigano, a déclaré qu’il considerait ce nouveau
voyage du pape en Italie comme "un pèlerinage aux sources, sur les traces
d’un grand saint suscité par l’Esprit de Dieu pour les jeunes". Aujourd’hui, a-t-il poursuivit, "il y a dans l’Eglise une grande préoccupation à l’égard de l’évangélisation de la jeunesse. Ce voyage du pape à Turin
devrait entre autres réveiller chez les prêtres, chez les animateurs pastoraux, chez les parents et les éducateurs, une volonté de se consacrer à
l’éducation chrétienne des jeunes".
Le voyage de Jean Paul II ne donnera pas seulement l’occasion au pape de
mettre l’accent sur la pédagogie nécessaire dans l’éducation, mais encore
sur la spiritualité que l’Eglise attend de ses éducateurs. Le supérieur
général des Salésiens regarde volontiers Don Bosco comme "le fondateur
d’une école de spiritualité pédagogique, qui exige des éducateurs des caractéristiques bien déterminées : une capacité d’aimer mais aussi de se
faire aimer, non pas dans le sens d’une recherche de la popularité, mais
dans le sens d’une modestie dévoilant chez l’éducateur même, et jusque dans
sa vie et ses qualités des manifestations de la présence de Jésus-Christ.
"L’éducateur devrait savoir se faire aimer précisément en vue du Christ,
poursuit le Père Vigano. Et les jeunes, en voyant dans l’éducateur plus que
sa seule personne, mais aussi la personne du Christ, ne l’en aimeront que
davantage."
Pour le supérieur général des Salésiens, il faut aux éducateurs
chrétiens d’aujourd’hui, outre cette capacité d’amour, une "spiritualité de
l’action apostolique, soutenue par l’espérance". "Il faut, autrement,
précise-t-il, un optimisme serein. L’éducateur qui espère est celui qui n’a
pas peur des jeunes, même pas lorsqu’il les trouve quelque peu désemparés.
Don Bosco disait qu’il y a toujours dans le coeur d’un jeune le Bien, qui
ne demande qu’à grandir et à se fortifier. Il ne faut donc jamais
désespérer devant un jeune, mais espérer en la possibilité concrète d’un
résultat positif."
Dans la figure de Don Bosco, le supérieur généal des Salésiens découvre
encore bien d’autres caractéristiques, qui ne concernent pas seulement la
pédagogie, ou la spiritualité, mais aussi l’amour de l’Eglise. Il cite
notamment : "Sa capacité ministérielle de prêtre, son habileté de médiateur
entre l’Eglise et l’Etat, sa capacité de communicateur social et d’écrivain
ainsi que de fondateur d’imprimeries, pour pouvoir donner aux gens et
spécialement aux jeunes toute l’aide nécessaire à la lecture." Bref, selon
le Père Egidio Vigano, le voyage du pape à Turin devrait aider les
chrétiens à découvrir "le message prophétique très actuel de Don Bosco".
En prévision de la visite du pape, 20.000 questions de jeunes lui ont
été transmises. Et l’on attend tout particulièrement à Turin le discours
que fera le pape pour répondre aux questions des jeunes. (apic/cip/bd)