Italie: le pape a fêté la saint Joseph en visitant trois usines (190391)
Ancône, 19mars(APIC) Le pape Jean Paul II a rappelé mardi 19 mars, jour
de la fête de saint Joseph, les grands principes de l’encyclique "Rerum novarum" de Léon XIII au cours de visites dans trois usines faites dans le
cadre d’un voyage pastoral de deux jours dans les Marches (Italie). Il a
notamment mis l’accent sur les conditions de travail difficiles pour bon
nombres d’ouvriers et plaidé pour tous ceux qui subissent l’exploitation et
la discrimination. S’adressant auparavant au monde universitaire de Camerino, le pape s’est déclaré optimiste en ce qui concerne l’énergie nucléaire,
relevant qu’elle est en train d’"avancer vers le but d’une production capable de satisfaire des besoins croissants".
"certes, a relevé Jean Paul II, la condition ouvrière s’est considérablement améliorée de nos jours, du moins dans ces pays qui ont pu bénéficier d’un développement technologique prometteur, accompagné d’une législation adéquate et de mesures administratives opportunes qui ont favorisé la
croissance d’une culture où le travailleur est considéré et respecté".
S’adressant à Fabriano aux travailleurs d’Ariston - une firme qui fabrique des apparaeils ménagers bien connue en Italie pour être le principal
sponsor de la "Juve" de Turin -, le pape a relevé que si l’on peut se réjouir de l’amélioration de la condition ouvrière dans les pays avancés, il
ne faut pas non plus oublier que bon nombre de travailleurs, particulièrement dans l’hémisphère Sud, attendent toujours que soient satisfaites "les
exigences les plus élémentaires" et restent blessés dans leur dignité.
Dans les pays industrialisés également, a poursuivi le pape, certaines
catégories de travailleurs ne jouissent pas encore pleinement de leurs
droits, des femmes discriminées dans leur emploi aux enfants exploités,
sans oublier tant de jeunes qui sont privés d’un emploi, les handicapés
"pratiquement marginalisés, les immigrés dont la légitime attente n’est pas
respectée. "Ne sont-ils pas les victimes impuissantes de l’égoïsme et d’une
soif déréglée du profit ou, à tout le moins, de l’indifférence et de l’incurie de ceux qui ne se préoccupent que de leur bien-être", a demandé le
pape.
Au service du bien-être de tous
Parlant de l’entreprise, Jean Paul II a évoqué deux obligations morales,
celle de" pourvoir à une saine politique administrative d’investissement, à
l’amélioration de la qualité des produits ou des services et à un renouvellement technique", celle, concomitante, "de respecter l’environnement et
d’user raisonnablement les ressources naturelles".
Pour Jean Paul II, l’usine n’est pas seulement un instrument destiné à
réaliser des bénéfices, c’est d’abord une communauté composée de personnes
dont la dignité ne peut jamais être manipulée. Le pape, qui a annoncé la
publication en cours d’année d’une nouvelle encyclique consacrée spécifiquement à la doctrine sociale de l’Eglise à l’occasion du centenaire de
"Rerum novarum", a ajouté que "l’entreprise ne doit jamais être vue comme
une organisation verticale dans laquelle quelques personnes sont au service
exclusif des buts que poursuivent d’autres personnes et de leurs avantages
économiques. Elle doit être vue plutôt comme un lieu de rencontre de tant
de gens qui, dans une synergie, s’engagent à travailler à la production de
biens et de services destinés au bien-être de tous".
Une chaire de doctrine sociale
Dans la matinée de mardi, Jean Paul II a également rencontré le monde
universitaire à Camerino, où a été créée pour le centenaire de "Rerum novarum" une chaire de doctrine sociale de l’Eglise. Jean Paul II, à qui l’honneur avait été réservé de l’inaugurer, a consacré le premier cours au noyau
essentiel de la doctrine sociale catholique, à savoir que "l’homme doit se
nourrir non seulement du pain du travail de ses mains, mais aussi du pain
de la science et du progrès, de la civilisation et de la culture".
Le pape s’est encore demandé quels sont les nouveaux et plus importants
problèmes sur lesquels l’Eglise désire instaurer un dialogue, en particulier avec les centres de la culture. S’exprimant à propos des progrès réalisés jusqu’à nos jours, il a observé que "la conquête de l’espace est le
couronnement d’un progrès technique jamais atteint jusqu’à maintenant..."
Pour ce qui est de l’énergie nucléaire, le pape a relevé qu’utilisée d’abord "pour des buts de morts, elle est en train d’avancer, même avec des
risques tout autres qu’hypothétiques, vers le but d’une production capable
de satisfaire les besoins croissants".
Selon le pape, la science est désormais capable d’intervenir dans la dynamique de la génétique, il met en garde contre l’ambivalence des résultats
en ce domaine. Jean Paul II a conclu en faisant remarquer qu’il s’agit là
de quelques étapes du chemin de l’homme au seuil de l’an 2’000. Il a averti
que "nous ne devons pas écouter les prophètes de malheur, prêts à voir des
.catastrophes derrières chaque chose". (apic/cip/jt/pr)