Italie: la section européenne du MMTC (280591)
Pour des solidarités nouvelles
Brixen, 28mai(APIC) A l’issue du Forum international de deux jours organisé à Rome à la veille de la Pentecôte par le Mouvement mondial des travailleurs chrétiens (MMTC), une quarantaine de représentants de quinze mouvements d’Europe affiliés à l’organisation se sont rencontrés du 20 au 23
mai à Brixen, dans le nord de l’Italie. Thème à l’ordre du jour de ces rencontres: "Foi et Eglise dans une Europe en mutation sociale, économique et
culturelle".
La réflexion s’appuyait sur les résultats d’une consultation organisée
au sein des différents mouvements. Les questions portaient essentiellement
sur la manière dont la foi y est vécue et sur leurs liens avec l’Eglise.
Après un travail de réflexion mené avec l’aide de deux experts, Roger
Philibert (Faculté catholique de Lyon) et Siegfried Ecker (Office catholique d’information sur les problèmes européens, Bruxelles), les participants
en ont résumé les lignes de force dans une déclaration finale.
Compétition et exclusion
Les délégués situent d’abord le contexte: "Un monde marqué par la précarité du travail, qui provoque l’exclusion d’une grande masse de travailleurs du droit au travail, du droit au partage des richesses, du droit
d’exister". Cette situation, relèvent-ils, est "le fruit de l’idéologie
néo-libérale basée sur l’individualisme, la concurrence, la recherche du
profit et de la consommation, qui conduit à la perte des valeurs fondamentales de justice et de solidarité".
Le contexte, c’est aussi une Europe en mutation économique, politique
et culturelle, fortement marquée par les changements à l’Est, une Europe
"qui se renforce comme forteresse et qui veut entrer en compétition pour
le leadership mondial face aux Etats-Unis et au Japon".
Suivent trois "constatations et convictions". La première est la prise
de conscience des délégués qu’ils ne vivent plus en chrétienté: même si des
nuances sont à apporter selon les pays, la sécularisation a fait son
oeuvre.
En second lieu, les participants ont tenu à redire leur volonté d’être
solidaires des exclus. Cette nécessité, soulignent-ils, "est dictée par des
impératifs humains et, pour nous chrétiens, c’est aussi une provocation de
notre foi". Ces solidarités poussent les mouvements à s’interroger sans
cesse et à se remettre en question. D’où la troisième "constatation-conviction": "Dans ce monde sécularisé où beaucoup sont en recherche de sens, où
beaucoup cherchent un sens à leur vie dans des sectes ou des courants nouveaux qui détournent de l’engagement, nous avons sans doute plus qu’auparavant à proposer notre foi, qui donne sens à notre vie".
Des défis pour demain
A la lumière de ces trois points, les participants lancent plusieurs défis à travers une déclaration commune: les participants qui forment la
section européenne du MMTC sont appelés "à mieux accueillir les exclus"; le
droit à un travail stable doit être défendu; poursuivre l’engagement en vue
d’une Europe des travailleurs pour une solidarité des travailleurs de l’Est
et du Sud; s’engager pour une "Europe oecuménique"; stimuler la mise en
route des groupes de travail sur la précarité et le partage du travail,
ainsi que les contacts avec les pays d’Europe centrale et de l’Est. (apiccip/pr)