Italie: la mafia continue de frapper (170990)
Naples, 17septembre(APIC) "Il nous faut réaffirmer - par la parole, mais
plus encore par les actes - la certitude qu’il est possible de guérir nos
régions d’un cancer qui pourrait les conduire à la ruine, à la mort. Mais
cela n’est évidemment possible que si chacun y met du sien". C’est ce
qu’ont pu lire les Napolitains dans un éditorial publié lundi dans "Il Mattino", le principal quotidien de la ville, sous la signature du cardinal
Michele Giordano. L’archevêque de Naples réagissait de cette manière à une
longue série de meurtres commis ces derniers temps par la mafia.
Les dix dernières victimes de la "camorra" viennent de tomber en trois
jours, et parmi elles figurent deux enfants de huit et douze ans, dont l’un
avait eu la malchance d’être témoin d’un règlement de compte. Si les crimes
de la mafia font partie du paysage quotidien dans le sud de la Péninsule 312 meurtres à l’actif de la seule "camorra" en 1989 - au point de ne plus
faire la une dans la presse, la mort de ces deux enfants massacrés a en revanche été largement commentée.
Dans son éditorial, le cardinal Giordano souligne la nécessité d’"un intense effort d’éducation de la part de la famille, de l’école et de l’Eglise". Il attribue la criminalité à une grave crise morale, qui va de pair
avec "une crise encore plus grave due à la perte de presque toutes les valeurs et au rejet des règles morales et relifieuses les plus fondamentales.
A commencer par celles qui regardent le respect de la vie, de sa conception
à son terme naturel".
Mgr Antonio Riboldi, l’évêque "anti-mafia" d’Acerra (Naples) a pour sa
part réagi en disant son écoeureuement. La mort du jeune témoin de douze
ans est, à ses yeux, "une provocation adressée à notre conscience. Cette
bouche et ces yeux que la violence a refermés doivent ouvrir nos bouches et
nos yeux, afin que nous voyions et parlions, a-t-il déclaré. Nous devons
nous rebeller pour eux, pour Paolo et pour Andrea. Ainsi tomberont la peur
et l’"omerta" (la loi du silence). Ainsi s’ouvrira le chemin qui conduit à
la justice et, de là, à la libération de notre territoire".
Mgr Riboldi supplie chacun "de déposer les armes, au nom de Dieu, que
vous n’avez déjà que trop souillé de sang et de larmes". (apic/cip/jt/pr)