Italie : la drogue fait tragiquement la Une (021188)
Rome, 2 novembre (APIC/CIP) Un débat public sur la drogue secoue l’Italie, au moment même ou le problème retient toute l’attention du monde politique. Le gouvernement italien est en effet en train de préparer une nouvelle législation, celle qui est actuellement en vigueur, et qui a été mise
en place en 1975, s’étant avérée inopérante face à un fléau de plus en plus
menaçant : rien que pour les dix premiers mois de cette année, la drogue a
déjà fait 594 morts - des jeunes pour la plupart -, 57 de plus que le
nombre total des victimes pour 1987, et plus que le double du "score" enregistré en 1986.
La semaine dernière, la péninsule a été une nouvelle fois ébranlée suite
à la découverte à Turin, en moins d’une trentaine d’heures, de 6 jeunes
ayant succombé à une overdose.
Ce dimanche, le cardinal Anastasio Ballestrero, archevêque de Turin, a
parlé, dans l’homélie qu’il a prononcée dans sa cathédrale, du "deshonneur"
qui rejaillit sur la ville de Turin, qui a fait la Une des journaux de bien
tragique façon. Aux victimes de ce qu’il a qualifié de "fléau social" ne
manquera certes pas la prière, a-t-il dit, mais aux responsables iront
"notre blâme et notre condamnation".
Pour le cardinal de Turin, on ne peut cependant se contenter de blâmer
et de condamner : encore faut-il que chacun se sente responsable et impliqué. "L’heure n’est pas aux procès et aux condamnations. Le moment est venu
d’accueillir comme chrétiens une profonde invitation adressée à chacun de
nous pour qu’il fasse ce qui est en son pouvoir, s’interroge sur ce qu’il
peut faire, s’engage selon sa conscience et sa générosité chrétienne car,
devant le Seigneur, nous sommes tous responsables de ces événements."
S’adressant aux familles, le cardinal Ballestrero a déclaré qu’il ne
suffit pas d’invectiver quand arrive l’épreuve que constitue le fait que
les enfants s’adonnent à la drogue. Encore faut-il assumer "cette responsabilité d’éducation, de formation, de vigilance et, surtout, d’amour
généreux dans le don à cette jeunesse de ce que l’on a de meilleur en soi".
Tout cela prime sur le travail, la carrière, le bien-être, le rang
social, a ajouté le cardinal, qui a formé le voeu "que la famille devienne
toujours davantage source d’amour pour les générations qui viennent, sans
quoi les plaies sociales ne disparaîtront pas". (apic/jt/bd)