Le désarroi de l’ancien vice-directeur de l’"Osservatore Romano"
Rome, 7février(APIC) L’information religieuse va mal, estime Gianfranco
Svidercoschi, ancien vice-directeur de l’"Osservatore Romano". Il a fait
part de son inquiétude au Congrès de l’Association des journalistes accrédités au Vatican (AIGAV).
Le constat de Gianfranco Svidercoschi est amer: "La presse italienne ne
s’intéresse plus qu’aux scandales, aux polémiques, aux slogans, aux nouvelles négatives et au folklore. L’information religieuse n’échappe pas au
phénomène quand elle parle d’un pape ’super-star’, d’un pape ’globe-trotter’, de son état de santé, des scandales financiers - pour autant qu’ils
concernent la banque de Mgr Marcinkus - du célibat ecclésiatique, de l’ordination des femmes, de l’interdiction de la contraception artificielle,
des conflits entre évêques ou à leur propos".
Les lecteurs ?, s’interroge l’ancien vice-directeur du journal du Vatican. "C’est du pareil au même!". Les lecteurs dont le niveau culturel "est
en baisse constante", ne demandent d’ailleurs plus qu’on leur rende compte
des événements qui concernent l’Eglise de façon sérieuse et correcte, si
bien que tant les rédacteurs que les lecteurs sont de plus en plus sur la
même longueur d’ondes. "L’information religieuse en est la première victime".
Autre cible: les agences de presse, à l’égard desquelles Gianfranco Svidercoschi se montre particulièrement sévère: Celles-ci, "du moins en Italie, se détournent de plus en plus de ce qui fait leur tâche propre, pour
déterminer elles-mêmes les thèmes et le ton de l’information religieuse;
cette dernière a perdu son caractère transcendant et se borne à rendre
compte des ’avis’ de l’Eglise sur des thèmes comme la paix, la justice,
l’écologie, les manipulations génétiques ou les législations en matière
d’avortement".
Même la salle de presse du Vatican n’est pas épargnée. L’ancien vice-directeur, fâché, se fait presque ironique: "La salle de presse du Vatican
fait trop peu confiance aux journalistes!". Il lui suggère de "faciliter
plutôt l’accès des informateurs religieux aux personnalités et institutions
vaticanes et de renoncer à "récompenser les bons journalistes en leur donnant une place dans l’avion du pape quand celui-ci part en voyage". (apiccip/ba)