Italie: Jean Paul II en visite pastorale à Mantoue (230691)
Appel à refuser les "faux mirages hédonistes"
Mantoue, 23juin(APIC) Le pape Jean Paul II, en visite pastorale samedi et
dimanche dans la ville de Mantoue, en Lombardie, a proposé saint Louis de
Gonzague comme modèle à la jeunesse, pour "refuser les faux mirages hédonistes". Jean Paul II a en effet repris ce week-end son bâton de pèlerin
pour se rendre dans le Nord de l’Italie. Ce 96e voyage papal dans la
Péninsule, les 22 et 23 juin, avait pour thème "Mettez-vous à l’écoute du
Christ".
Dès son arrivée, samedi, sur la place de cette ville de 55’000 habitants, l’une des plus riches de la Péninsule, le Saint Père a déclaré : "Ne
vous enfermez pas à l’intérieur de votre bien-être, de vos intérêts et de
vos perspectives. Avec la tête et le coeur, portés par un esprit chrétien,
dépassez tout particularisme. Travaillez pour le bien commun du pays, surtout en faveur des catégories sociales les plus faibles; ouvrez-vous avec
un esprit de solidarité à l’Europe et au monde entier".
Refus d’une carrière militaire et diplomatique pour devenir jésuite
Mantoue n’est pas étrangère à Jean Paul II, puisqu’il y avait lancé un
appel à la vocation missionnaire durant le Concile, alors qu’il était archevêque de Cracovie. Dans la basilique de la ville, dédiée à saint André,
il a rencontré des prêtres, des religieux et des religieuses ainsi que des
laïcs de divers associations et mouvements. Le pape a notamment encouragé
l’Action catholique dans l’évangélisation, en invitant chacun à s’engager
dans "l’horizon universel" de la mission.
Près du lac de Garde, le pape Jean Paul II a ensuite gagné Castiglione
delle Stiviere, ville où Napoléon vainquit les Autrichiens en 1796, et qui
possède un musée international de la Croix-Rouge et un sanctuaire dédié à
saint Louis de Gonzague, proclamé patron de la jeunesse en 1726. Le pape
Pie XI confirma ce titre en 1926. C’est dans le cadre du 4e centenaire de
sa mort - (il vécut de 1568 à 1591 et mourut à 23 ans après s’être dépensé
sans compter durant l’épidémie de peste qui ravageait alors Rome) - que le
pape a visité le diocèse de Mantoue.
Louis de Gonzague refusa une carrière militaire et diplomatique pour
épouser la vie religieuse de la Compagnie de Jésus. Le supérieur général
des Jésuites, le Père Peter-Hans Kolvenbach, se trouvait d’ailleurs à la
cérémonie présidée par le pape. Saint Louis de Gonzague assista de près les
malades de la peste et fut béatifié en 1605 et canonisé en 1726. Jean Paul
II l’a proposé aux jeunes comme modèle pour "refuser les faux mirages hédonistes". Pour lui, "la charité du Christ ne se réduit pas à la simple philanthropie. Même si celle-ci est valable et irremplaçable, il faut affirmer
avec foi le primat de Dieu dans sa propre existence".
Peu après, devant les représentants de la Croix-Rouge internationale,
Jean Paul II a exprimé toute son estime pour cette organisation qui compte
plus de 270 millions de membres actifs. Son fondateur, le Suisse Henri Dunant, avait été profondément secoué par le spectacle des blessés de la bataille de Solférino (1859) entre l’armée franco-piémontaise et les soldats
autrichiens. Lors d’un nouvel appel à la jeunesse de la Lombardie samedi
soir, en présence du cardinal Martini, archevêque de Milan, le pape a fustigé les "mirages de la consommation et l’individualisme" et invité les
jeunes à préparer la Journée mondiale de la Jeunesse célébrée les 14 et 15
août à Czestochowa, en Pologne. Avant de conclure ce voyage pastoral, dimanche soir, Jean Paul II devait notamment rencontrer le monde du travail,
pour commenter son encyclique sociale "Centesimus annus". (apic/gm/be)