Italie: Jean Paul II dans le Frioul et en Vénétie Julienne (030592)
Trieste/Udine, 3mai(APIC) Le pape Jean Paul II a pour la première fois
effectué une visite pastorale dans le Frioul et en Vénétie Julienne, à
l’extrémité nord-est de l’Italie. Dans cette région charnière située à la
frontière avec l’Autriche et l’ex-Yougoslavie, où il s’est rendu de jeudi à
dimanche, le pape Jean Paul II a lancé un nouvel appel à la coexistence pacifique entre les différentes communautés ethniques.
Samedi, à Trieste, un port sur l’Adriatique qui fut longtemps sous
domination autrichienne, le pape a relevé que cette ville, qui abrite plusieurs communautés ethniques, est "le symbole de l’unité contre la dispersion" et une charnière entre le monde slave et le monde latin, entre les
Balkans et le centre de l’Europe.
Rencontrant le monde de la culture à l’Université de Trieste, le pape a
souligné que de très graves problèmes doivent être résolus, comme celui de
l’exploitation et de la distribution des ressources naturelles. Jean Paul
II a souhaité que des ententes "toujours plus larges, sincères et efficaces, promues par les chercheurs, hommes de sciences et responsables politiques des organisations internationales, aident à affronter résolument des
problèmes séculaires comme celui des maladies, de la faim ou de la sousalimentation qui angoissent ou menacent une grande partie de l’humanité".
Les conflits entre foi et science en voie d’être surmontés ?
A propos des conflits qui ont longtemps opposé certains secteurs des
sciences naturelles avec d’autres du savoir théologique, le pape a estimé
qu’ils sont aujourd’hui en grande partie surmontés. Il a certes admis que
des préjugés envers la religion subsistent parfois, comme si être sincèrement croyant pourrait constituer "un obstacle à l’exercice et au chemin de
la pensée". Jean Paul II a encore une fois souligné que la science n’a pas
en soi son propre but, mais qu’elle est au service de l’homme. Parfois, at-il relevé, dans le cas de l’invention ou de l’emploi d’armes meurtrières,
"la science n’est pas au service de la vie, mais de la mort".
Au cours d’une messe en plein air sur la Place de l’Unité de l’Italie à
Trieste, le pape a invité les fidèles à réagir avec fermeté contre ceux qui
tentent les diviser et d’entraver la convivialité entre les différents
groupes ethniques, rappelant que l’Evangile doit être source d’unité. Il a
salué en langue croate ceux qui souffrent "à cause des calamités de la
guerre" dans l’ex-Yougoslavie.
En visite à Gorizia, également une ancienne possession autrichienne aujourd’hui partagée entre l’Italie et la Yougoslavie -, Jean Paul II a dit
que cette cité semblait avoir la mission d’être "la porte de l’Italie qui
met en communication le monde latin et le monde slave". Il a plaidé à cette
occasion pour la famille, qu’il a définie comme "irremplaçable pour la
croissance humaine et spirituelle de la société".
Dimanche, au cours d’une rencontre avec les jeunes à Udine, le Souverain
pontife leur a demandé d’être des artisans de paix, de joie et d’espérance.
Il a souhaité qu’ils ne se laissent pas décourager et paralyser par les
problèmes socio-économiques auxquels ils sont confrontés, mais qu’ils maîtrisent l’avenir incertain avec une foi approfondie. Il avait auparavant
relevé "l’aptitude caractéristique" de la région d’être un modèle de convivialité et de collaboration entre des gens de langues et de traditions culturelles diverses. Dimanche après-midi, avant son retour au Vatican, Jean
Paul II devait encore se rendre au cimetière militaire de Redipuglia, au
sud de Gorizia, où sont enterrés 100’000 soldats tombés lors de la Première
guerre mondiale. (apic/jt/cic/be)