"Pas de différence avec un avortement"
Rome, 2septembre(APIC) L’annonce de la découverte d’un "vaccin contre la
grossesse" a suscité déjà de nombreuses réactions dans le monde catholique
italien. Cette méthode n’a rien à voir avec un moyen contraceptif, soulignent les catholiques, ce vaccin est en réalité un abortif. L’existence de
ce que la presse italienne appelle déjà le "vaccin anti-bébé" a été révélée
dans le cadre d’un congrès international d’immunologie, actuellement en
cours à Rome, par le chercheur indien Gurseran Talwar, de l’Insitut d’immunologie de New Dehli.
Le vaccin consiste en l’injection d’une hormone gonatrope d’origine placentaire, la gonadotrophine, qui permet au placenta de se développer. Celle-ci, qui est produite par l’embryon dans les premières phases de son développement, permet entre autres de savoir si une femme est enceinte grâce
à un examen des urines. Avant d’être injectée, cette hormone subit des modifications, un enrichissement. Son injection suscite une réaction du sysstème immunitaire qui produit alors des anticorps qui détruisent l’hormone
et empêchent la femme d’être enceinte. Trois injections du ’vaccin’ ont
pour effet de provoquer une ’stérilité’ de six à huit mois.
Mgr Emilio Sgeccia, directeur de l’Institut de bio-éthique de l’Université catholique du Sacré-Coeur de Rome, a immédiatement condamné le vaccin
qui "en réalité est un moyen abortif". En effet, a-t-il expliqué, "il n’y a
aucune différence entre le recours à l’avortement et l’emploi du vaccin:
dans les deux cas, on supprime un être humain".
Mgr Sgreccia ajoute qu’il n’y a là rien d’étonnant, quand on sait que
les recherches du professeur Talwar sont financées par la Fondation Rockfeller qui planifie des campagnes de dénatalité dans le tiers monde et
"tend ainsi à maintenir la domination occidentale sur les pays en voie de
développement". "Il s’agit d’une nouvelle forme de colonialisme", souligne
Mgr Sgreccia.
Pour une gestion autonome de la sexualité Interrogé sur Radio Vatican, Mgr Sgreccia s’est élevé contre une conception qui ramène l’embryon au
rang de virus, et qui considère la maternité comme une maladie. "L’Eglise
doit s’efforcer, et avec elle toutes les forces éducatives, de dire avant
tout aux femmes que c’est un moyen non pas anticonceptionnel, mais abortif.
De dire en second lieu que la politique aussi bien anticonceptionnelle
qu’abortive est hostile non seulement à la vie, mais aussi à la femme. Notre engagement est de proposer aux populations du monde des formes
responsables de régulation de la paternité et de la maternité avec des
moyens d’auto-contrôle, et donc avec les méthodes dites naturelles qui permettent un gestion autonome de la sexualité, et non à l’aide de médications. (...) sans que la femme ne devienne un instrument de gains, de profits, de colonisation des industries pharmaceutiques et des pouvoirs occultes de nature politique."
Une nouvelle forme de colonialisme
Mgr Sgreccia a dénoncé la logique de ce système: il ne s’agit pas d’un
colonialisme militaire ou économique, "mais d’un colonialisme biologique,
dont le but est de maintenir le pouvoir politique et économique sur le monde".
Pour le franciscain Gino Concetti, professeur de théologie morale à Rome, le vaccin est à ranger dans l’arsenal des moyens artificiels de régulation des naissances désapprouvés par l’Eglise, dans la mesure où ils font
en sorte que l’acte conjugal ne puisse développer sa potentialité naturelle
de fécondation.
Le quotidien catholique italien "Avvenire" publie de son côté la réaction de Romano Forleo, gynécologue à l’hôpital romain "Fate bene fratelli".
Selon lui, le vaccin n’empêche pas la fécondation, mais agit sur un ovule
déjà fécondé. Le vaccin peut donc être considéré comme une moyen précoce
d’interruption de grossesse. (apic/cip/jt/mp)