Des accords conclus malgré des divergences
Rimini, 25août(APIC) Le 9ème rassemblement de "Communion et Libération"
(CL) a connu mardi dernier un tournant dans la récente histoire des rapports entre CL et les partis politiques. Traditionnellement, le mouvement
avait un lien privilégié avec la Démocratie chrétienne (DC), même si leurs
relations étaient conflictuelles. Mardi, les choses se sont quelque peu modifiées, avec les interventions de MM. Formigoni et Martelli, respectivement ancien leader du Mouvement populaire (MP) - bras politique de CL -, et
numéro deux du Parti socialiste italien (PSI).
A l’occasion de ce 9ème rassemblement, ces deux responsables ont confronté un certain nombre de problèmes. Ils se sont déclarés d’accord sur le
choix de thèmes à affronter ensemble: tant l’ancien président de CL que
l’actuel, Giancarlo Cesana, ont mis en avant trois motifs d’entente avec le
PSI. Ils concernent le concordat Eglise-Etat, l’école et la conception du
rapport entre l’Etat et la société.
"Il ne s’agit pas d’un mariage"
De fortes divergences persistent, certes, elles portent sur un certain
nombre de points, en particulier sur le divorce et l’avortement. Toutefois,
affirme Giancarlo Cesana, "dans une société sécularisée qui accepte ces
réalités, il vaut mieux entrer en dialogue avec les forces divergentes et
prêtes au dialogue pour ensuite discuter sur la possibilité de modifier les
lois actuelles".
Si pour les dirigeants du Mouvement populaire, on peut expliquer la nouvelle attitude de leur organisation par le lifting idéologique subi par le
parti de Bettino Craxi et par l’ouverture du PS, un certain nombre de question concernant les dessous tactiques restent à se poser. En ce sens, CL
avait espéré un changement de la DC. "Il n’est pas arrivé", déclare Giancarlo Cesana, qui déclare "avoir été naïf". Selon M. Formigoni, "la DC est
trop identifiée à l’Etat. Sa conception de la politique rejoint celle du
parti communiste italien (PCI): du reste, une partie de ses dirigeants demeurent attachés à l’idée du compromis historique avec le PCI", devait-il
préciser.
Pour les dirigeants de CL, le terrain de confrontation avec le PSI est
large. "Notre collaboration n’est pas un mariage", ont-ils dit après avoir
relevé qu’il n’était pas exclu que le Mouvement populaire puisse se présenter sur des listes du PSI lors de prochains scrutins. (apic/pp/pr)