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    "Israël veut tuer notre identité" (050988)

    Témoignage d’une intellectuelle palestinienne chrétienne

    Fribourg, 5septembre(APIC) "Israël veut tuer l’identité des Palestiniens"

    a affirmé lundi 5 septembre Mme Rima Tarazi, membre du Comité exécutif de

    l’Association caritative "In’ash el-Usra", à Al- Bireh, une ville de Cisjordanie située à 14 kilomètres au nord de Jérusalem. Dans une interviex

    accordée à l’Agence APIC lors de son passage en Suisse, Rima Tarazi s’est

    déclarée profondément préoccupée par l’évolution de la situation dans les

    territoires occupés. "L’armée israélienne détruit les maisons, tue, expulse. Elle porte maintenant son action contre les associations caritatives en

    obligeant la plupart de celles-ci à fermer leurs portes".

    "Les Israéliens veulent empêcher l’aide d’arriver, par cette action, ils

    entendent non seulement nous étouffer économiquement mais aussi culturellement", témoigne Rima Tarazi, une intellectuelle palestinienne chrétienne.

    Cette situation, elle ira l’expliquer à Chypre ou se tiendra du 9 au 15

    septembre une Conférence des femmes sur le Moyen-Orient, organisée par le

    Conseil oecuménique des Eglises (COE). Sans doute sera-t-il aussi question

    de "La Société de In’ash el-Usra", une organisation de femmes fondée en

    1965 dans le but de venir en aide aux enfants, aux femmes et à de nombreux

    cas sociaux. Elle se charge également de promouvoir l’éducation et la

    défense de l’identité palestinienne (folkore, histoire, etc).

    Quête de l’identité et formation professionnelle

    "Après l’occupation de la Cisjordanie par l’armée israélienne, en 1967,

    les buts de notre Association se sont d’autant plus justifiés que le nombre

    de problèmes a considérablement augmenté", relève Mme Tarazi. En 1972 , un

    centre de folklore et de recherche était inauguré, puis un musée. Plusieurs

    livres ont été publiés depuis et un journal lancé, dont la parution, aujourd’hui, est soumise à une sévère censure des autorités militaires d’occupation. Dans sa quête d’identité, la Société publie des recueils de

    chants folkloriques, consigne sur cassettes les récits biographiques des

    vieillards. Mais l’accent, explique Rima Tarazi, est également porté sur la

    formation des femmes et la mise sur pied de cours professionnels destinés à

    ces dernières. Grâce à la création de petites usines, dont une pâtisserie,

    ou 4000 femmes peuvent apprendre à tisser, à faire de la broderie et des

    vêtements que le Centre se charge de vendre. Enfin, elles peuvent se familiariser avec des métiers comme la coiffure ou le secrétariat.

    Reste que l’action d’"In’ash el-Usra", (qui signifie "Pour le bien de la

    famille", "Pour une famille prospère") est également centrée sur l’éducation des enfants: ce programme est rendu possible par les parrainages de

    l’Association Suisse Palestine (ASP), d’Associations de solidarité en France et dans le monde entier. Des associations dont les membres prennent en

    charge un enfant, un "filleul", en versant mensuellement un montant de

    l’ordre de 80 francs à ce mouvement de femmes palestiniennes. Près de 60

    enfants des territoires occupés jouissent ainsi de l’aide d’un parrain

    Suisse, dont 11 se trouvent dans le canton de Fribourg.

    Des projets, la "Société In’ash el-Usra" en a plein. Ils concernent notamment la fondation d’un orphelinat et d’une crèche. Or, dénonce Rima Tarazi, depuis le 20 juin dernier, notre aide et les buts de notre organisation sont menacés. Durant cette nuit-là, explique-t-elle, "l’armée israélienne a envahi le centre, pillé nos archives et nos documents concernant

    les parrainages, sequestré tout ce qui rappelle notre histoire et notre

    folklore, puis assigné à résidence notre présidente, Mme Sameeha Khalil.

    Deux semaines plus tard, à l’instar de ce qu’elle a fait pour la plupart

    des organisations caritatives, l’armée fermait notre centre. Elle paralysait en partie notre action afin de nous empêcher de poursuivre l’oeuvre de

    la Société".

    Pour Rima Tarazi, la situation est dramatique pour les enfants, en particulier. L’an passé, relève cette dernière, les jeunes palestiniens se

    sont vus privés en partie d’études. Depuis cette année, toutes les écoles

    sont fermées, ainsi que les Instituts et les Universités". En dépit des

    difficultés, des dangers, mais aussi des entraves imposés par Israël, les

    13 femmes membres du Comité exécutif de la société caritative ainsi que les

    quelque 90 personnes bénévoles, et 150 médecins palestiniens qui assurent

    les soins, continuent d’oeuvrer dans les territoires occupés. "La fermeture

    de notre centre met en péril les quelque 150 employés qui y travaillent",

    relève Rima Tarazi, avant d’affirmer que "personne ne cache que la libération de la Palestine constitue notre but, comme personne ne cache que l’OLP

    est le véritable porte-parole des Palestiniens".

    Un appel pressant à l’Eglise du monde entier

    Dans un pressant appel, Rima Tarazi, qui appartient elle-même à la minorité palestinienne de confession chrétienne, demande que les Eglises du

    monde entier cessent de rester silencieuses devant le drame qui se joue en

    Terre Sainte : "Si cela continue, Jérusalem va devenir un musée, et il n’y

    aura bientôt plus d’Eglises vivantes auprès des lieux saints, car le nombre

    des chrétiens diminue sans arrêt". Les élites chrétiennes, souvent en

    contact étroit avec l’Occident, cherchent en effet de plus en plus souvent

    leur salut dans l’émigration. (apic/pr)

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