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    Israël: un village pas comme les autres nommé Nevé-Shalom (170489)

    Bruxelles, 17avril(APIC) A 30 kilomètres de Jérusalem, des Juifs et des

    Arabes cohabitent depuis 11 ans dans un villages appelé Nevé-Shalom en

    hébreu et Wahat as-Salam en arabe, c’est-à-dire: "Oasis de paix". Anne Le

    Meignen, collaboratrice du Père Bruno Hussar qui a fondé Nevé-Shalom, était

    ces derniers jours au Foyer Catholique Européen à Bruxelles, ou elle a

    témoigné de cet espace de paix dans une région pourtant déchirée.

    Une famille en 1978, cinq l’année suivante, quinze aujourd’hui avec 33

    enfants: au total 70 personnes habitent la colline que Nevé-Shalom s’est

    vu octroyer entre Jérusalem et Tel-Aviv pour montrer que l’entente est

    possible entre Juifs et Arabes moyennant la rencontre dans le respect des

    différences. Le fondateur de ce village, le Père Bruno Hussar, est né en

    1911, d’une mère française et d’un père hongrois, tous deux juifs non pratiquants. Il est devenu chrétien à l’âge de 22 ans, avant dêtre ordonné

    prêtre après des études chez les dominicains.

    "Mon peuple habitera une oasis de paix", peut-on lire dans la Bible.

    Pour Bruno Hussar comme pour sa collaboratrice de la première heure, Anne

    Le Meignen, qui ont tous deux acquis la nationalité israélienne, le village

    de Nevé-Shalom donne une figure concrète au rêve de Dieu pour la réconciliation entre tous les hommes. "Il est de la plus haute importance que

    l’effort de compréhension rapproche précisément des Juifs et des Arabes, et

    parmi ceux-ci, aussi bien des chrétiens que des musulmans et des agnostiques.

    Les parents des 33 enfants qui habitent aujourd’hui cette colline ont

    voulu qu’ils soient tous éduqués ensemble. Ils ont donc construit une seule

    crèche, puis une seule école maternelle, puis une seule école primaire, ou

    tous les enfants juifs et arabes apprennent à parler les deux langues. "Ils

    s’ouvrent ainsi, dès le jeune âge, aux deux cultures, souligne Anne Le

    Meignen. Et comme cela se fait sans syncrétisme, cela renforce chez chacun

    et la conscience de son identité et le sens du respect de l’autre".

    Les familles ont bâti leurs maisons également selon leurs goûts culturels. Mais ces maisons ne leur appartiennent pas: tous les habitants ont en

    effet choisi de mener une vie semi-communautaire, acceptant tous de gagner

    le même salaire horaire. Ils prennent en outre chaque jour en commun leur

    petit déjeûner et leur dîner, sauf les jours de fête. Le village dispose

    également d’un secrétariat central et d’une petite mairie.

    Une école de paix

    "S’asseoir à la même table pour parler, au lieu de garder voire de cultiver chacun ses préjugés, ça change complètement le comportement", souligne Anne Le Meignen. Dans le même esprit, depuis 10 ans, une partie du

    village est consacrée à l’école de paix. Quelque deux mille jeunes arabes

    et juifs s’y sont déjà rencontrés lors de sessions ou de camps. Un millier

    d’adultes également ont bénéficié des séminaires organisés sur place.En

    outre, depuis 4 ans, 250 jeunes de 16-18 ans, arabes et juifs, ont pu participer dans le village à des rencontres visant à les rendre plus conscients et donc plus responsables de la situation qui règne actuellement en

    Israël.

    Un espace de silence

    Au fil des années, juifs, chrétiens et musulmans réunis à Nevé-Shalom

    ont rêvé d’une maison de prière. Sous quelle forme? Un triangle, leur a

    suggéré tout d’abord un architecte. Mais les agnostiques qui ont rejoint

    les croyants, ont eux aussi voulu leur coin. Le projet a donc évolué. Il

    s’est construit sous la forme d’une demi-sphère qui, depuis l’an dernier,

    sert à tous d’espace de silence. Un autre projet reste cependant à réaliser: Nevé-Shalom voudrait désormais construire une autre maison pour l’étude des textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

    En avril 1987, 20.000 arabes et juifs sont montés sur la colline de

    Nevé-Shalom pour la seconde rencontre de paix organisée par le village. Une

    nouvelle rencontre est prévue dans un proche avenir et constituera sans

    doute une nouvelle confirmation qu’il est possible de faire quelque chose

    pour la paix en Israël et dans cette région. (apic/cip/pr)

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