Israël : les expulsions des territoires (120188)
Genève, 12janvier(APIC/Angelica Roget) L’expulsion de neuf Palestiniens
des territoires occupés par Israël suscite toujours la polémique. Alors que
la situation dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie ne cesse d’être explosive, le nombre de morts s’élève déjà à 35 pour une période de 34 jours de
troubles quasi continus. Lundi, le secrétaire adjoint des Nations Unies, M.
Marrack Goulding, n’a pu pénétrer dans les camps de Djabalia et de Shati,
situés dans la Bande de Gaza. Le 5 janvier dernier, le Conseil de Sécurité
de l’ONU avait pourtant voté la résolution No 607 demandant à Israël de
respecter la Convention de Genève de 1949 sur la protection des civils en
temps de guerre.
Parmi ces dispositions figurent également l’interdiction d’expulsion de
civils. Il s’agit - dit la résolution - d’une violation flagrante de la
Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles.
D’après les Nations Unies et le CICR pourtant, la Convention s’applique aux
territoires palestiniens ainsi qu’aux autres territoires occupés par Israël
depuis la Guerre des Six Jours en 1967, y compris Jérusalem.
Les expulsions des territoires occupés par Israël ne datent pourtant pas
d’hier. Entre 1967 et 1985, l’ONU en signale en effet déjà 1607, tout en
précisant qu’on peut considérer qu’ils se chiffrent en réalité à plus de
1’600. Mais pour l’Etat d’Israël, l’application de la Convention de Genève
ne concerne pas les territoires occupés. Israël, en effet, s’en tient à une
politique qui date d’avant 1949, c’est-à-dire celle qui était appliquée
sous mandat britannique. On sait qu’après le départ des Anglais en 1948,
ces territoires furent occupés par l’Egypte pour la Bande de Gaza, et par
la Jordanie pour ce qui est de la Cisjordanie. Suite à la Guerre des Six
Jours, Israël les occupa à son tour. La présence militaire israélienne date
ainsi de plus de vingt ans. Les expulsions infligées par Israël correspondent donc, en quelque sorte, à celles en cours durant le mandat britannique. Elles sont d’ordre militaire et donnent la possibilité de les appliquer par mesure de sécurité. Sous le mandat britannique, presque autant de
Juifs nationalistes que de Palestiniens furent expulsés.
Aujourd’hui, pourtant, aussi bien l’ONU que le CICR considèrent qu’elles
sont contraires au droit international et à la Convention de Genève. C’est
ainsi par exemple qu’à chaque expulsion, le CICR a toujours réagi, mais suivant son habitude - de manière confidentielle par des notes verbales. La
décision finale d’expulser les neuf Palestiniens n’a pour l’heure pas encore été appliquée. Mais, malgré les commissions de consultation et le recours à la Haute Cour de Justice, elles pourront toutefois avoir lieu. En
effet, ni l’ONU - dont l’envoyé spécial a été empêché de visiter les camps
de réfugiés des territoires occupés - ni le CICR n’ont les moyens de les en
empêcher. (apic/ar/be)