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    Israël: Le gouvernement veut "protéger" le tombeau de Rachel à Bethléem

    Une "annexion" dénoncée par les défenseurs des droits humains

    Bethléem, 13 septembre 2002 (APIC) Le cabinet restreint d’Israël a approuvé le 11 septembre un projet visant à transformer le site du tombeau de Rachel. Les défenseurs de droits de l’homme qualifient le projet d’"annexion pure et simple" de ce haut lieu du judaïsme, de l’islam et du christianisme situé dans la ville palestinienne de Bethléem.

    Le plan approuvé mercredi par le cabinet restreint israélien prévoit la transformation du site en complexe fermé, à l’intérieur d’un périmètre de sécurité en cours de construction entre Jérusalem et la Cisjordanie, relate le quotidien libanais "L’Orient-Le Jour" dans son édition du 13 septembre.

    Une nouvelle route traversera des terres appartenant à des habitants de Bethléem et pourrait même couper en deux le camp palestinien d’Aïda, qui abrite 3’500 réfugiés. "Nous ne savons pas quel est exactement le plan israélien ni l’étendue des terrains qui sera expropriée et annexée, mais il s’agit d’une décision très dangereuse", a déclaré le maire de Bethléem, Hanna Nasser. "Aux termes des accords d’Oslo de 1993, les Palestiniens peuvent avoir libre accès au site", a-t-il souligné, promettant de porter l’affaire devant la justice pour contrer ce projet.

    Pour motiver sa décision, Israël affirme que l’accès des pèlerins est perturbé par les violences palestiniennes. "Il ne s’agit pas d’une annexion, nous voulons uniquement assurer un accès libre et sans entrave au site", a indiqué Jonathan Peleg, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Depuis le déclenchement de l’intifada il y a deux ans, Israël a progressivement érigé des fortifications autour du tombeau présumé de Rachel, situé dans le nord de la ville autonome de Bethléem, aux confins méridionaux de Jérusalem.

    Usurpation d’une terre appartenant à un autre peuple

    "La liberté de la religion est une chose qui doit être respectée, mais pas au détriment d’un autre peuple et avec l’usurpation de sa terre", déclare Yariv Oppenheimer, du groupe israélien La Paix maintenant. La députée Naomi Hazan, du parti d’opposition de gauche Meretz, affirme être "totalement outragée par cette annexion, qui n’a été approuvée par aucun corps représentatif en Israël. Nous tenterons tout pour l’annuler". Pour Azem Bisharat, avocat et défenseur palestinien des droits de l’homme, "ce projet traduit la volonté d’Israël de séparer la Cisjordanie de Jérusalem - y compris sa partie est, arabe - qu’il considère comme sa capitale indivisible". Lui aussi craint qu’Israël ait recours à l’argument sécuritaire pour justifier l’annexion, "bien qu’il s’agisse de toute évidence d’une question politique".

    Rachel, matriarche biblique, épouse de Jacob et mère de Joseph, est vénérée tant par les juifs que par les chrétiens et les musulmans. (apic/orj/bb)

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