Irlande du Nord : réunion de la CEC et de la CCEE (190290)
Irlande du Nord, 19février(APIC) La perestroïka offre de nouvelles possibilités pour l’action et le témoignage de l’Eglise, a constaté le Comité
mixte de la Conférence des Eglises Européennes (CEC ou KEK) et du Conseil
des Conférences Episcopales Européennes (CCEE) réuni à Rostrevor en Irlande
du Nord début février à l’invitation de l’Eglise catholique romaine en Irlande. Placé sous la présidence conjointe du Métropolite Alexy de Léningrad
et Novgorod, président de la CEC et du cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan et président du CCEE, le Comité a, à la lumière des événements de l’Est, examiné la coopération future et réfléchi sur la signification du Rassemblement de Bâle.
La perestroïka offre de nouvelles possibilités pour l’action et le témoignage de l’Eglise, mais elle crée une nouvelle perception des identités
nationales, a constaté le Comité. La réapparition du nationalisme dans ses
diverses formes, conséquence de la perestroïka, pose aujourd’hui beaucoup
de questions pour les Eglises et leurs relations oecuméniques dans toutes
les parties de l’Europe, a reconnu le Comité.
Après avoir écouté plusieurs interventions sur la situation en Irlande
du Nord faites par David Bleakley, secrétaire général du Conseil irlandais
des Eglises et Mgr Anthony Farquhar, Président de la Commission Episcopale
irlandaise pour l’oecuménisme, le Comité a adressé un message aux Eglises
d’Irlande. Il s’y déclare "conscient des tensions politiques en Irlande et
des divers actes de violence qui ont causé de grandes souffrances communes
au sein des communautés d’Irlande du Nord", apprécie et encourage les efforts entrepris par les Eglises irlandaises dans leur travail pour la paix,
la justice et la réconciliation.
Le comité "Islam en Europe" a présenté son rapport au Comité mixte.
Plusieurs réunions sont prévues, l’une en juin 1990 à Léningrad, dont le
sujet principal sera le dialogue inter-confessionnel en Europe de l’Est et
en Europe centrale; l’autre, plus importante, à Birmingham, en 1991.
Evaluation du Rassemblement de Bâle
Les membres du Comité mixte CEC/CCEE ont fait une évaluation largement
positive du Rassemblement oecuménique européen "Paix et justice" de mai
dernier à Bâle. L’expérience comporte des acquis que l’on ne saurait nier.
Il a montré la profonde interdépendance entre la paix, la justice et la
sauvegarde de la Création.
Bâle a montré que ces réalités ont une profonde valeur éthique. Elles se
fondent sur l’homme et sa dignité personnelle. Elles valent pour tous dans
toutes les situations. C’est pour cette raison, affirme le Comité mixte,
que le message de Bâle n’intéresse pas seulement les chrétiens, mais également les non-chrétiens. Le Rassemblement a mis en lumière et expérimenté
que la paix, la justice et la sauvegarde de la Création ont de profonde racines théologiques.
Les certitudes affirmées en mai dernier, présentes dans le document final, demandent à être approfondies en dépassant les divergences théologiques et éthiques qui demeurent encore. Ce n’est que dans la ligne de ces
certitudes que l’Europe, avec tous ses changements, peut s’acheminer avec
espérance vers un avenir animé par les valeurs de l’Esprit.
Les membres du Comité mixte CEC/CCEE ont souligné l’apport positif de
Bâle pour la prière et la méthode de travail, qui a permis aux participants
de trouver de larges convergences. Pour eux le Rassemblement revêt une
grande signification sur le chemin oecuménique européen.
La Conférence des Eglises Européennes (CEC) réunit 120 Eglises de tradition orthodoxe, anglicane et protestante dans toute l’Europe. Le Conseil
des Conférences Episcopales Européennes (CCEE) rassemble les 26 Conférences
épiscopales catholiques romaines d’Europe. (apic/com/cor)