Bruxelles, 2juin(APIC/CIP) Depuis le début de la guerre Iran-Irak, le
gouvernement irakien a mis sur pied un vaste plan de déplacement des populations, surtout des villages du nord, chaldéens pour la plupart, indique
dans un numéro spécial de sa revue "Contacts" consacrée à l’aide d’urgence
le Secours International de Caritas Catholica. Les transferts de personnes
vers les grandes villes ont eu pour conséquence la dispersion et la
destruction de nombreuses implantations chrétiennes. De ce fait, la guerre
a aggravé jusqu’à l’insoutenable le profond malaise qui règne dans les communautés chrétiennes.
Les chrétiens chaldéens ne peuvent se résigner à la destruction de leur
propre communauté et de leurs familles. Et ils ne sont pas prêts à mourir
pour un Etat qui leur est hostile dans la vie quotidienne. Les soldats
chrétiens, souligne la revue, sont en effet utilisés sans scrupules en première ligne et en plus grande proportion que les soldats chiites, si bien
que le nombre de morts est plus élevé dans leur rangs.
Pour beaucoup de chrétiens chaldéens, la seule solution est l’émigration, choix douloureux qu’il est préférable d’éviter à cause des problèmes
que pose leur adaptation, beaucoup perdant leur identité religieuse au contact de la société de consommation occidentale.
Parmi ceux qui ont déjà quitté leur pays, la catégorie des réfugiés vivant dans la zone frontalière entre l’Irak et la Turquie se trouvent confrontés à une situation particulièrement pénible, souligne "Contacts" : ils
ne peuvent ni avancer ni reculer, à savoir regagner un territoire qui est
sous le contrôle du gouvernement de Bagdad ou être recueillis par la Turquie, qui n’a pas l’intention de les reconnaître comme réfugiés ni de faciliter leur passage vers l’Occident.
La communauté de San Egidio à Rome s’est intéressée au sort de ces personnes. Apèrs deux mois de démarches auprès des autorités turques, signale
Caritas Catholica, soixante-cinq personnes ont pu quitter la région et sont
arrivées saines et sauves en Italie. (apic/cip/bd)