Irak: 1ere assemblée de la Conférence des évêques après la guerre du Golfe
Bagdad, 24 février(APIC) Pour la première fois après la guerre du Golfe,
les chefs des Eglises chrétiennes présentes en Irak ont pu se rencontrer
lors d’une conférence. Le thème principal de la rencontre a été la situation difficile des chrétiens après la guerre du Golfe. Lors de ce synode
des évêques et archevêques catholiques-Chaldéens il a été surtout question
du rétablissement de la concorde au sein de l’épiscopat.
L’engagement du patriarche de l’Eglise chaldéenne Raphaël Bidawid en faveur de la politique de Saddam Hussein contre les alliés occidentaux, a
particulièrement été critiqué par les évêques du Kurdistan d’Irak. Le patriarche Raphaël est un membre influent du parti socialiste Baas. Ce conflit a pu être résolu grâce à l’intervention du patriarche coadjuteur,
l’archevêque Emmanuel Karim Delly.
La Conférence qui regroupe les évêques de rites orientaux (chaldéens
syriaques et arméniens) et les évêques latins, s’est penchée sur le
déracinement des chrétiens. Près de 80% des 600’000 catholiques ont à cause
des événements de la guerre et de ses suites quitté leur région et vivent
chez des parents ou ont cherché refuge à Bagdad dans les couvents, les
écoles, les hôpitaux ou les institutions ecclésiastiques. La révolte des
Chiites dans le sud de l’Irak au printemps 1991 a été catastrophique ainsi
que l’agitation dans le Kurdistan où la majorité des Chaldéens vivent
depuis le moyen-âge. En plus de ce changment du visage chrétien de l’Irak
dû au déplacement vers Bagdad des chrétiens bombardés affamés et en proie
aux maladies, il y a eu une émigration vers l’étranger. Près de 10% des
Chaldéens ont quitté l’Irak en direction de la Jordanie, les Arméniens des
montagnes du Sindschar ont cherché refuge dans la Syrie voisine. Tandis que
d’autres émigrants irakiens ont rejoint Athènes, Rome et Paris.
lors d’une rencontre commune des responsables catholiques avec les autorités des autres Eglises chrétiennes, on s’est prononcé pour une rapide levée de l’embargo commercial des Nations Unis contre l’Irak, afin d’assurer
la survie des chrétiens entre le Tigre et l’Euphrate. Chrétiens qui ont pu
se maintenir dans cette région pendant 1900 ans, malgré les plus grandes
difficultés. Cet appel au Conseil de sécurité des Nations-Unies a été lancé
par le patriarche Raphaël Bidawid et ses collègues assyriens, orthodoxe-syriaque, catholique-syriaque, orthodoxe-arménien, catholique-arménien, les
grecs orthodoxes et catholiques, les catholiques latins ainsi que les chrétiens évangéliques et adventistes et tous les hommes de bonne volonté.
(apic/kna/mp)