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    Interview du pasteur Jean-François Bill (190189)

    "Si on a un engagement pour l’Evangile, on ne peut se taire"

    Berne, 19janvier(APIC) Ancien modérateur de l’Eglise évangélique presbytérienne tsonga, le pasteur Jean-François Bill, qui a passé 9 mois dans

    les geôles sud-africaines en 1986/87, travaille actuellement comme secrétaire général administratif au siège du SACC à Johannesbourg. Libéré depuis

    plus d’une année, le pasteur Bill est toujours sous haute surveillance, son

    courrier est lu, parfois saisi. L’année dernière, pour harceler le pasteur

    Bill, le gouvernement de Pretoria a gelé les comptes bancaires de sa famille.

    Malgré les risques encourus, le pasteur Bill refuse de se taire, "au nom

    de l’Evangile". Dans une interview accordée à l’APIC, il s’est fait l’avocat des sanctions économiques pour mettre un terme à l’apartheid.

    Pasteur Bill : Je ne dirais pas que l’on doit utiliser les sanctions seules, mais elles sont efficaces ajoutées aux pressions internes qui existent

    déjà, les pressions syndicales, la "guerre" qui prend de l’ampleur, qui mine la confiance des Blancs en eux-mêmes, même si elle ne peut détruire le

    régime. S’il y avait en plus une vraie pression économique... On ne demande

    pas que le gouvernement capitule, mais qu’il se mette à la table des négociations. Il le fait pour la Namibie, car là, il y a eu un autre genre de

    pressions. On espère que la Namibie sera libre cette année, pourquoi pas un

    jour l’Afrique du Sud ? Les sanctions sont un levier pour amener le régime

    à négocier.

    APIC : Vous vous faites l’avocat des sanctions, ne craignez pas que cela

    soit retenu contre vous ?

    Pasteur Bill : Il faut le faire. On ne peut pas s’arrêter; ce n’est pas la

    question de savoir si l’on veut sauver sa peau, mais bien de dire la vérité

    telle qu’on la conçoit, telle qu’on la voit. Ne pas se rendre complice de

    l’injustice, car si on a un engagement pour l’Evangile, on ne peut pas se

    taire.

    APIC : Vous êtes donc prêt à en subir les conséquences.

    Pasteur Bill : Il y a des collègues qui ont déjà subi des attentats. On a

    été obligé de prendre des mesures de sécurité. Frank Chicane par exemple,

    le secrétaire général du SACC, le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud, ne

    voyage jamais seul et il y a toujours quelqu’un chez lui. On va devoir

    peut-être le faire pour d’autres.

    APIC : Vous n’avez pas de protection de la police ?

    Pasteur Bill : Nous avons eu à faire à la police pour résoudre le problème

    de l’attentat à la bombe contre le siège du SACC à "Khotso House" le 31

    août dernier. Elle n’était pas vraiment intéressée à trouver les coupables... (apic/be)

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