Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Nouvelle mission des Eglises dans une société libre

    Interview du ministre Tchécoslovaque Hromadka (220190)

    Genève, 22janvier(APIC) De passage à Genève, le vice-premier ministre de

    Tchécoslovaquie, Joseph Hromadka a fait part dans une interview accordée au

    Service oecuménique de presse et d’information (SOEPI) de ses impressions

    sur les événements qui bouleversent actuellement son pays et sur la place

    qu’occupe depuis lors l’Eglise. Après avoir été président du Conseil oecuménique de Tchécoslovaquie, Joseph Hromadka est devenu en décembre dernier

    vice-ministre de son pays, responsable de la Culture, de l’Education et des

    Affaires religieuses. Il est bien connu à l’Alliance réformée mondiale,

    puisqu’il est pasteur réformé.

    Quel jugement portez-vous sur les événements et sur l’avenir de la Tchécoslovaquie, mais aussi quelle place occupe l’Eglise après ces bouleversements?

    J. Hromadka: Tant de choses ont changé dans notre pays en quelques

    jours. Les Tchécoslovaques disent que les changements survenus en Pologne

    et en Hongrie ont pris quelques années, en République démocratique allemande quelques semaines et en Tchécoslovaquie quelques jours seulement. Je ferais aussi remarquer que ce fut une révolution véritablement authentique.

    Sans fenêtres brisées ni voitures démolies sur la place Wenceslas, où se

    sont réunies presque 300’000 personnes. J’ai eu l’honneur de parler à cette

    énorme assemblée à Prague et c’était vraiment impressionnant de voir tant

    de personnes engagées, prêtes à changer leur vie et leur attitude politique

    envers l’Etat.

    Et l’Eglise, dans tout cela?

    J. Hromadka: La tâche s’avère très difficile pour l’Eglise catholique

    romaine qui doit pourvoir aux postes vacants d’évêques dans les diocèses.

    Aussi mon premier voyage m’a conduit à Rome, où j’ai soulevé le problème

    avec Mgr Francesco Colasuonno, nonce apostolique avec charge spéciale pour

    les pays de l’Est. En quelques jours, il a été décidé de nommer

    trois nouveaux évêques dans trois diocèses de l’Eglise catholique romaine

    en Tchécoslovaquie. Le pape a également pu me recevoir et nous avons discuté durant 20 minutes des problèmes et des relations entre l’Etat et

    l’Eglise dans mon pays.

    Envisagez-vous votre travail dans une perspective oecuménique?

    J. Hromadka: Je suis entré en gouvernement avec l’appui de toutes les

    Eglises protestantes tchécoslovaques, mais aussi avec le soutien de

    l’Eglise catholique romaine et celui du cardinal Tomasek. Sans ces appuis,

    je ne pouvais accepter cette mission nécessaire, mais néanmoins difficile.

    Et les autres religions...?

    J. Hromadka: Il existe en Tchécoslovaquie un Conseil oecuménique des

    Eglises, composé de onze Eglises, parmi lesquelles l’Eglise catholique romaine qui représente la majorité des chrétiens du pays. Nous espérons

    qu’entre les Eglises membres du Conseil et les catholiques romains vont

    s’établir une compréhension et une collaboration meilleures. Nous assistons

    à un nouveau commencement en Tchécoslovaquie et voudrions que tous ceux qui

    désirent s’organiser à la base en aient la possibilité. Dans un Etat libre,

    il doit y avoir une Eglise libre.

    La relation entre l’Eglise et l’Etat dans la nouvelle Tchécoslovaquie

    est-elle à redéfinir complètement?

    J. Hromadka: Après discussion du problème avec les autres Eglises, nous

    sommes parvenus à la conclusion que l’Eglise ne tient ni ne tombe en raison

    de sa sécurité dans la société, et qu’elle ne vit pas de la bienfaisance.

    Le problème de l’Eglise dans la société est le problème de son identité. Il

    y a tant de jeunes qui viennent à nous en disant: "Parlez-nous du christianisme". Une nouvelle chance s’offre à toutes les Eglises, et pourtant ce

    n’est pas une chance facile mais exigeante. Les Eglises devraient repenser

    leur identité et leur mission dans une société libre. Or le gouvernement et

    l’Etat voudraient leur offrir un espace libre pour cette mission.

    Les 40 dernières années ont été une période de problèmes pour les Eglises et leurs collaborateurs. Est-il déjà possible de faire le point sur le

    rôle que l’Eglise a joué dans votre pays durant cette époque?

    J. Hromadka: Notre premier rôle est de nous préparer pour l’avenir et

    nos nouvelles tâches. Nous devrions faire une bonne analyse de ces 40 ou 50

    années passées, non seulement de la société, mais aussi de l’Eglise. Certains pensent que les responsables de l’Eglise n’ont pas toujours été enclins à soutenir ceux qui en ce temps critiquaient la société. Il me semble

    pourtant parfois que nous devrions comprendre qu’il n’était pas facile de

    faire quelque chose, parce qu’il fallait en même temps défendre l’espace de

    la vie de l’Eglise dans une situation très délicate. Nous feront probablement cette évaluation et cette analyse du passé pour reconnaître les torts

    de l’Eglise et aussi ses interventions positives dans cette situation difficile.

    L’avenir...?

    Je suis optimiste... Qu’est-ce que cela veut dire: que je voudrais le

    meilleur, et le meilleur, pour moi, se trouve dans l’Evangile de JésusChrist. Dans cette optique, je suis optimiste. Je suis convaincu que

    l’Evangile de Jésus-Christ est nécessaire à l’homme moderne dans une société moderne. Je voudrais que cela soit la préoccupation non seulement des

    gens de mon pays, mais aussi de tous les peuples du monde. (apic/soepi/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus