Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Interview de Tom Forrest, directeur d’"Evangelization 2’000" (010890)

    Une décade pour le Christ

    De Gabrielle Brodrecht, APIC

    Berne, 01août(APIC) Le "Congrès européen des leaders" charismatiques sur

    le thème "Jesus - Hope for Europe" ("Jésus - Espoir pour l’Europe") a rassemblé à Berne près de 4’000 chrétiens de diverses confessions décidés à

    faire de la dernière décade du XXe siècle une "décade d’évangélisation". Un

    projet qui tient à coeur aussi à Tom Forrest, prêtre américain et l’un des

    orateurs du Congrès. Dans une interview accordée à l’agence APIC, il évoque

    le projet missionnaire catholique "Evangelization 2’000", centre international pour la "décade d’évangélisation", qu’il dirige depuis 1987.

    En fait, la dernière décennie du siècle a une importance particulière:

    "L’an 2’000 est la date des dates, et c’est une date totalement catholique:

    sa signification est le Christ. C’est en réalité le 2’000e anniversaire du

    Christ, et nous ne devons pas conjecturer ce qu’il désire; il est mort sur

    la croix pour cela. Il veut que le monde soit sauvé", affirme Tom Forrest.

    L’organisation que dirige le prêtre américain veut répondre à l’appel de

    Jean Paul II à une nouvelle evangélisation: "’Evangelization 2’000’ veut

    encourager l’Eglise catholique et dans la mesure du possible tous les chrétiens à se rassembler et à faire un cadeau qu’ils ne peuvent faire qu’ensemble. Le Christ veut que des hommes et des femmes le connaissent et désire les conduire chez lui au paradis", souligne Tom Forrest. Pour lui,

    l’évangélisation doit rester éloignée d’un "esprit de concurrence infantile": "Nous voulons que soit rendue à Dieu la plus grande gloire possible,

    par qui que ce soit". En ce qui concerne l’oecuménisme, Tom Forrest s’en

    tient aux paroles du pape affirmant qu’il n’existe aucune alternative. Cependant, le prêtre américain voit l’oecuménisme comme "difficile, dangereux

    et déconcertant"; dans plusieurs parties du monde il est actuellement irréalisable, "mais en Europe et aux Etats-Unis nous pouvons faire beaucoup!".

    Une Europe encore très peu orientée vers le Christ

    Cependant, Tom Forrest ne donne pas les meilleures notes à l’Europe: il

    évoque le vaste réveil religieux dans d’autres parties du monde, et notamment en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Aux Etats-Unis aussi - à

    côté d’une forte sécularisation - on sent la naissance d’une nouvelle force

    spirituelle. En Europe, "c’est plus ’confortable’, on ne trouve pas autant

    d’indignation morale. Ici, la société est plus sécularisée que partout ailleurs. La Scandinavie par exemple est en train de perdre Dieu ! L’Europe

    est aujourd’hui sur bien des points très peu orientée vers le Christ, mais

    cela va changer".

    L’espérance de Tom Forrest est animée par "ce que fait Dieu tout-puissant en Europe de l’Est". Il compte sur les nombreux jeunes des pays de

    l’Est capables de s’enthousiasmer pour le Christ. "Une fois, le Saint-Père

    m’a demandé ce que nous pouvions faire pour la réévangélisation, et j’ai

    répondu que quelques pays du tiers-monde évangélisés par l’Europe peuvent

    lui apporter une foi neuve". Le pape était d’accord, il voyait aussi une

    foi renouvelée venir de Russie. C’était il y a des années. C’est pourquoi

    je tiens le pape pour un prophète", affirme Tom Forrest.

    "Evangelization 2’000": "Avec le Vatican, mais pas au Vatican"

    Quels liens entretient "Evangelization 2’000" avec le Vatican ? Lors

    d’une rencontre de responsables de mouvements catholiques en 1984, "nous

    avons soudain vu la possibilité d’une décade de la mission", affirme Tom

    Forrest. Celui-ci a écrit au pape et "nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises pour manger ensemble, sept fois jusqu’ici". Le cardinal Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, a demandé au prêtre américain de présenter un "plan" de la décade envisagée, "c’est pourquoi nous sommes allés

    à Rome".

    Jamais cependant "Evangelization 2’000" n’a été un bureau officiel du

    Vatican: "Nous travaillons à bien des égards avec le Vatican, mais pas au

    Vatican". "Le Saint-Père nous a dit que nous pourrions mieux développer nos

    activités si nous ne sommes pas ’officiels’", ajoute Tom Forrest. "Si je

    dis que le Vatican m’envoie, je peux rencontrer une opposition, car on considère peut-être cela comme du colonialisme spirituel sans véritable inculturation; venir ’officiellement’ est suicidaire !". L’organisation n’a jamais eu de bureau au Vatican, il n’y a eu qu’une adresse postale, que le

    cardinal Casaroli a déconseillé d’utiliser "quand les attaques ont commencé".

    "Evangelization 2’000" ne fait pas l’unanimité

    Des attaques, "Evangelization 2’000" en a été l’objet non seulement dans

    des quotidiens belges et allemands et dans des revues italiennes, mais aussi en Amérique latine, au Brésil en particulier. "Vous ne le croirez pas,

    mais on nous reproche d’être un complot de la CIA et un plan du Vatican,

    qui veut par ce moyen dominer l’esprit de toute l’Eglise. Quelques semaines

    plus tard, les même personnes affirmaient que le Vatican nous avait laissés

    tomber. La même semaine, je déjeunais avec le Saint-Père !" En Amérique latine, nos adversaires sont avant tout "des éléments assez radicaux de la

    théologie de la libération", et en Europe "les éléments les plus libéraux

    de l’Eglise catholique", parce qu’"Evangelization 2’000" se voit comme soutenant le pape. "Et ils n’aiment justement pas le pape !"

    "Evangelization 2’000", Tom Forrest le reconnaît, a rencontré une opposition, mais cela "n’a pas entraîné de difficultés". "Cela nous a fait une

    importante publicité gratuite. Un grand nombre d’évêques voulaient parler

    avec nous de ce qu’ils avaient lu et nos réponses leur ont plu !. Si personne ne nous attaque parce que nous sommes chrétiens, il se pourrait que

    nous ne le soyons pas... Il y a aussi une certaine satisfaction à être

    digne d’opposition, peut-être parce que l’on a tort, mais peut-être aussi

    parce que l’on a raison".

    "Evangelization 2’000" n’a-t-elle pas eu des problèmes également avec

    les Eglises locales ? "Nous veillons à ne pas empiéter sur le terrain d’autrui, mais certaines personnes vont toujours ressentir notre action différemment. Je ne trouve aucune explication à cela. Tout ce que nous disons,

    c’est: ’Annoncez Jésus !’".

    Interrogé sur la ligne de son activité d’évangélisation, Tom Forrest affirme que pour "Evangelization 2’000" il ne s’agit pas d’abord de faire de

    la catéchèse ou d’intégrer les valeurs chrétiennes dans la culture et la

    société, mais de développer le "premier pas" dans l’annonce de l’Evangile,

    le kérygme. La théologie de la libération au contraire centre ses activités

    plutôt sur l’intégration des valeurs chrétiennes. Certes, "Evangelization

    2’000" considère la responsabilité sociale comme un élément essentiel de

    l’évangélisation, mais elle ne lui accorde pas la première place.

    La théologie de la libération: "Ils ont vidé les églises..."

    Tom Forrest constate: "Au Brésil, on a écrit plutôt négativement sur

    nous". La raison ? Pour lui, une telle attitude vient de la "crise" que

    traverse la théologie de la libération aussi à cause de la chute du communisme. Quelques-une de ses tendances auraient également été reconnues

    comme contribuant à la sécularisation de la société sud-américaine. "Au

    lien de remplir les églises de personnes enthousiastes, ils les ont vidées", déplore le directeur d’"Evangelization 2’000". "Les gens ont reçu un

    message beaucoup plus politique que spirituel".

    Quant aux communautés de base en Amérique latine, Tom Forrest les voit

    en rapport avec la sécularisation. "Si les églises se vident où que les

    gens aillent, cela signifie une certaine sécularisation. La justice est

    l’un des thèmes majeurs de la théologie de la libération. "Mais qu’est-ce

    qui est le plus important: que j’obtienne la justice pour un autre ou que

    je l’amème à être juste ?" Pour Tom Forrest, si les deux aspects sont essentiels, le second est plus fondamental. "Il est plus important pour moi

    d’aider un homme à être juste", affirme-t-il, cela va plus vite. Et le prêtre américain de relever combien le temps est limité dans le monde d’aujourd’hui... IL évoque le CELAM (Conseil épiscopal latino-américain), qui

    "soutient fortement la théologie de la libération", mais il relève qu’"elle

    a perdu la dimension eschatologique de l’Evangile. Cela signifie qu’elle

    limite sa vision au monde. Nous sommes dans ce monde, mais nous allons ailleurs..."

    Ne change-t-on pas de perspective quand on voit des hommes dans un grande détresse ? "Peut-être", relève Tom Forrest, "si je pouvais être sûr de

    sortir ces hommes de la pauvreté, puis leur montrer le Christ... mais il

    est plus facile et rapide pour moi de les amener à connaître le Christ que

    de les sortir de leur misère", argumente Tom Forrest, pour qui le spirituel

    "a toujours la priorité". "Notre but premier est d’apprendre aux gens à

    vivre la vie des enfants de Dieu. Le Fils de Dieu est le modèle. Dans le

    christianisme, personne n’est appelé à moins qu’à la sainteté. Nous pensons

    que c’est le meilleur chemin pour changer la société".

    Innovation dans la fidélité au pape

    Tom Forrest se considère avec humour comme un homme "sauvage" et comme

    "l’homme le moins politique de la terre". Il affirme ne pas être conservateur du tout en ce qui concerne sa méthode, car elle vise à briser la routine. Mais dans le domaine théologique, aussi bien en dogmatique qu’en morale, il est "sûrement de droite". "Je ne peux pas vivre une vie basée sur le

    doute, mais uniquement sur une conviction morale. L’expression que j’aime

    est ’orthodoxe’. En d’autres termes, je suis du côté du Saint-Père", souligne le prêtre américain.

    La stratégie de base d’"Evangelization 2’000" est d’ancrer l’évangélisation dans la conscience catholique. "On n’est pas un bon chrétien quand on

    ne partage pas le Christ avec les autres". Concrètement, l’organisation met

    sur pied des jours de retraite pour les prêtres et les évêques; elle compte

    sur leur "fonction de multiplicateurs". En septembre à Rome, 6’000 à 7’000

    prêtres du monde entier participeront à une retraite mondiale. La revue

    "New Evangelization 2’000" est envoyée à tous les évêques du monde. "Lumen

    2’0000", qui travaille à mettre en place un réseau international de communication au service de l’évangélisation, signifie pour Tom Forrest "un partage de ressources, de matériel et de productions de telle manière que nous

    puissions mieux utiliser les méthodes de communication pour transmettre le

    meilleur message, le message du Christ".

    "Evangelization 2’000" aimerait également mettre sur pied l’équivalent

    catholique d’une Société biblique mondiale. "ACCSE/2’000" (une union de coordinateurs des écoles catholiques d’évangélisation) encourage la mise en

    place d’écoles d’évangélisation: 146 écoles de ce genre de par le monde

    sont déjà associées à "Evangelization 2’000". Pour l’organisation, il ne

    s’agit pas d’accumuler des biens, mais de jouer un rôle inspiratieur".

    Côté financier, Tom Forrest évoque le soutien apporté par la fondation

    néerlandaise ""Getuigenis van Gods Liefde" ("Témoignage de l’amour de

    Dieu") créée par Piet Derksen en 1982: la première retraite mondiale des

    prêtres organisée par "Evangelization 2’000", qui rassemblait 2’000 participants, a bénéficié d’une aide financière d’un million de dollars de la

    part de la fondation. Quelque 150 personnes travaillent dans la "structures

    des offices" d’"Evangelization 2’000", "mais des milliers sont impliqués

    dans la mise en oeuvre de l’idée nouvelle", souligne Tom Forrest. Le prospectus de présentation de l’organisation relève qu’elle ne contrôle rien

    au niveau local, que les tâches de la pastorale sont laissées entre les

    mains des évêques. Et le directeur d’ajouter: "C’est tout ce que nous faisons - faire progresser une idée -, mais les idées changent le monde. Les

    philosophies sont plus puissantes que les armées..." (apic/gbr/cor)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus