Interview de Mgr Joseph Duval, nouveau président (111190)
"Favoriser la communion et les orientations communes"
Lourdes, 11novembre(APIC) Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen, ne s’attendait pas à être élu à la tête de la Conférence des évêques de France:
"Mgr Decourtray avait gardé sa décision pour lui. Je ne m’attendais donc
pas à ce que le choses se fassent cet automne !". Dans une interview accordée à l’agence APIC au lendemain de son élection, il s’est exprimé sur sa
manière d’envisager sa charge ainsi que sur des sujets d’actualité comme la
crise du Golfe, le mouvement lycéen en France et le Conseil d’Eglises chrétiennes en France, dont il est appelé à assurer la présidence dans l’immédiat.
APIC: Quelle implusion entendez-vous donner à la Conférence épiscopale ?
Mgr Duval: C’est une charge qui n’a rien à voir avec les affaires politiques ou gouvernementales. Un président de Conférence épiscopale n’a pas de
programme. Je pense même que si un évêque avait un programme, il ne serait
pas élu président ! Mais il n’est pas un potentat solitaire, il doit favoriser la communion et les orientations communes: pour cela, il doit être
attentif à ce qui se passe dans les diocèses sans jamais toucher à la liberté d’action de chaque évêque dans son diocèse.
APIC: Vous êtes connu comme un homme discret...
Mgr Duval: Quand j’ai eu quelque chose à dire, je l’ai toujours dit. Mais
il est vrai que, par tempérament, je ne suis pas porté à me répandre...
APIC: La Conférence prendra-t-elle position par rapport à la crise du Golfe
ou aux manifestations des lycéens en France ?
Mgr Duval: Pour la crise du Golfe, il y aura une parole de circonstance,
qui ne saurait être une parole définitive. Nous y travaillons actuellement.
En ce qui concerne les lycéens, sommes-nous prêts à dire quelque chose sur
ce mouvement dont personne ne sait où il va aller ?
APIC: C’est maintenant au tour du président de la Conférence épiscopale de
présider aux destinées du Conseil d’Eglises chrétiennes en France. Est-ce
une institution qui vous tient à coeur ?
Mgr Duval: J’ai été le premier à proposer la création de ce Conseil. J’ai
participé à la préparation du projet. J’ai toujours estimé qu’il était important d’entrer dans ce système de rencontres régulières. Avant, nous
avions des rencontres bilatérales, mais jamais de rencontres à trois. Ces
rencontres sont importantes, même si les fruits en sont actuellement discrets. Mais il faut du temps pour se connaître. En trois ans, pourtant,
nous avons fait des progrès. Il faut aussi que nos partenaires se rendent
compte qu’un président de Conférence épiscopale n’a pas la même liberté de
manoeuvre, par exemple, que le président de la Fédération protestante de
France, qui n’a pas d’autorité au-dessus de lui et n’a de comptes à rendre
qu’à ceux qui l’ont élu. Progressivement, pourtant, nous nous rendont compte que nous pouvons aller plus loin que ce que nous avons fait jusqu’ici.
Et si ce Conseil n’existait plus, ce serait un énorme pas en arrière.
(apic/mjh/cor)