Les Commissions "Justice et Paix" suisse, autrichienne
et belge condamnent la violation du droit international (221289)
Berne/Vienne/Bruxelles, 22décembre(APIC) Les Commissions épiscopales nationales "Justice et Paix" de Suisse, de Belgique et d’Autriche sont unanimes à condamner l’intervention militaire américaine au Panama, qu’elles
qualifient de "violation du droit international", même si elles sont d’accord pour estimer que le général Noriega n’est pas un personnage recommandable. Le pape Jean Paul II a d’ailleurs déploré vendredi les combats qui
font tant de victimes innocentes et causent de graves dommages à la population civile au Panama.
Pius Hafner, secrétaire de la Commission nationale suisse "Justice et
Paix" a affirmé que l’intervention américaine au Panama viole le droit des
peuples. Il a déclaré vendredi 22 décembre à l’agence APIC que les EtatsUnis, même s’ils ont des intérêts légitimes dans cette région, ne sont pas
une "communauté supranationale" et qu’ils ne peuvent pas intervenir comme
l’ONU. Les Etats-Unis sont un Etat voisin du Panama qui doit respecter les
droits des peuples, particulièrement le droit à l’autodétermination.
La Commission "Justice et Paix" de Belgique a écrit au ministre des Affaires étrangères, Marc Eyskens, ainsi qu’à l’ambassade des Etats-Unis à
Bruxelles. Elle a fait savoir à ce dernier que "si le général Noriega est
un personnage gravement nuisible, et si les Etats-Unis ont le droit et le
devoir de préserver la sécurité des citoyens américains vivant au Panama et
de veiller au respect des accords au sujet du Canal, cela ne leur donne pas
pour autant le droit d’envahir ce pays et d’y intervenir par la violence et
par la guerre". La Commission voit dans l’intervention américaine au Panama
une violation du droit international qui est "inacceptable et de nature à
compromettre le processus de paix et de démocratisation tant attendu en
Amérique Centrale et dans le monde".
La Commission "Justice et Paix" d’Autriche a quant à elle qualifié l’intervention américaine au Panama d’atteinte aux droits des peuples; une telle action est "moralement répréhensible", a affirmé son directeur Helmut
Ornauer. (apic/kpr/eg/cor)