Intervention de la délégation du Saint-Siège à la (251087)
Paris, 25octobre(APIC) La commission traitant du role de l’UNESCO dans
l’évolution des problèmes mondiaux et les études prospectives a continue
ses travaux au sein de la 24ème Conférence générale de l’organisation. A
cette occasion, le représentant du Saint-Siège a rappelé le role des religions "pour interpeller directement la conscience des hommes".
Le Père jésuite Philippe Laurent, au nom de la délégation du Saint-Siège, est intervenu pour souligner que, dans la préparation des années 2000,
il faut mettre l’accent sur l’importance des évolutions démographiques :
les disparités de croissance selon les continents et les pays sont telles
qu’elles vont boulverser, d’ici quarante ans, le paysage de la géographie
humaine, créant des tensions difficiles à supporter mais qui sont dès maintenant prévisibles.
Il a également précisé les préoccupations que l’on peut avoir quant aux
retombées des progrès technologiques déjà en cours sur la culture et surtout sur la rencontre des cultures, donnant l’exemple des satellites de
télédiffusion : les territoires nationaux se trouvent de plus en plus traversés sans possibilité de controle. Evoquant le rapport du directeur
général parlant à bon droit des impacts socio-culturels et éthiques des
transformations en cours, le Père Laurent a vivement souhaité que l’on
ajoute le terme "religieux", comme l’a mentionné dans cette meme commission
le représentant de l’Eglise orthodoxe russe, membre de la délégation de
l’URSS. "Le terme ’’religieux’’ est différent du terme "éthique". Dans ces
vastes transformations qui sont en cours, les religions sont parties prenantes : elles apportent une réflexion et un jugement spécifiques. L’avenir
de l’homme, de l’humanité, des sociétés humanistes, relève, depuis longtemps, des préoccupations des religions. En ces domaines, elles ont une expérience pluriséculaire et, par leur vocation le plus souvent universelle,
elles représentent des forces transnationales ayant une indépendance par
rapport au pouvoir des Etats : elles interpellent directement la conscience
des hommes".
Il a cité l’exemple des recherches entreprises depuis longtemps par
l’Académie pontificale des sciences, la Commission pontificale "Justice et
Paix", le Conseil pontifical pour la culture, etc.
Le chef de la délégation soviétique, vice-ministre des affaires
étrangères, a lu lors du débat général qui se poursuit sur le programme
futur de l’UNESCO, le message de Mikhail Gorbatchev ou il déclare : "
l’Union Soviétique a fait et continuera à faire tout ce qui est en son
pouvoir pour rehausser le prestige de l’UNESCO et accroitre son
efficacité". Il a lui-meme poursuivi : "J’aimerais aussi attirer
l’attention sur notre proposition de célébrer sous les auspices de l’UNESCO
l’événement historique et culturel aussi important qu’est le millénaire de
l’introduction du christianisme en Russie. La plupart de nos partenaires
dans les relations inter-étatiques sont des croyants. Sans aucun doute ils
connaissent cette sentence de la Bible : "Ou est l’homme qui désire la
vie, épris de jours ou voir le bonheur ? Garde ta langue du mal, tes lèvres
des paroles trompeuses : évite le mal et fais le bien, recherche la paix et
poursuis-la". (Psaume 34-verset 13-15). Ces valeurs spirituelles, pleines
d’authenticité et de sagesse, acquièrent aujourd’hui une actualité
particulière". (apic/cci/be)