Innsbruck: doctorat honoris causa décerné à Mgr Erwin Kräutler (060792)
Innsbruck, 6juillet(APIC) La faculté des sciences économique et sociales
de l’Université Léopold Franzen d’Innsbruck a decerné un doctorat honoris
causa à Mgr Erwin Kräutler, évêque de la prélature territoriale de Xingu au
Brésil. L’évêque d’origine autrichienne est bien connu pour son engagement
en faveur des Indiens, ce qui lui a valu de nombreuses menaces de mort et
deux tentatives d’assassinat. Mgr Kräutler a aussi été au centre d’une polémique au sein de l’Eglise autrichienne. L’archevêque de Salzbourg, Mgr
Georg Eder, avait mis son veto à l’invitation de l’évêque austro-brésilien
comme orateur officiel aux journés académiques de Salzbourg, en l’accusant
d’avoir une vision unilatérale de la colonisation de l’Amérique latine.
Le doyen de la Faculté, Erwin Kaufer a qualifié Mgr Kräutler d’"exemple
lumineux" de la défense de la culture indigène d’Amérique latine. Le sénat
de l’Université lui a accordé à l’unanimité ce doctorat honoris causa. Cette récompense honore la personne de Mgr Kräutler pour sa contribution importante à la recherche scientifique, son engagement pour le maintien de la
culture des Indiens du Brésil, et sa lutte pour les opprimés particulièrement les paysans sans terre et les Indiens.
Le bilan de la Conférence de Rio
Mgr Kräutler a également participé en tant que conseiller de la mission
autrichienne au sommet de la Terre à Rio de Janeiro au début du mois de
juin. Dans une interview à un journal autrichien, Mgr Kräutler fait part de
ses impressions. Le point positif est surtout que la problématique de l’environnement a été discutée par tous. La convention sur le climat et celle
sur la bio-diversité sont cependant insuffisantes, estime l’évêque. Concernant la destruction de la forêt tropicale, Mgr Kräutler a rappelé que le
peuple n’en tire pratiquement aucun profit, mais que l’argent reste aux intermédiaires.
A propos des reproches concernant ses nombreux voyages en Europe, Mgr
Kräutler déclare qu’il n’a jamais quitté son diocèse plus d’un mois, mais
qu’il se sent responsable des questions de solidarité internationale et
qu’il ne peut lutter pour cela qu’en se rendant sur place. Il a précisé
qu’il acceptait les invitations dans la mesure où elles sont compatibles
avec les tâches de son diocèse. (apic/kpr/mp)