Paris, 7novembre(APIC) La ville musulmane de Tanjung Sakti, dans la
partie Ouest de l’île de Sumatra (Indonésie), compte une minorité de 600
catholiques sur 30’000 habitants. Pourtant, affirme le bulletin d’information des Missions étrangères de Paris, "Eglise d’Asie", "il n’y a jamais eu
ici de conflits religieux, et la raison en est peut-être les liens de parenté qui unissent catholiques et musulmans".
Tous les habitants appartiennent au même groupe socio-ethnique et les
mariages sont conclus sans que l’appartenance religieuse crée de difficultés. L’Eglise catholique, construite en 1889 par le Père Johannes van Meurs
ne choque personne et le curé est d’ailleurs très populaire dans tous les
milieux.
La plupart des personnes instruites sont passées par l’école catholique,
sans qu’elles aient jamais eu l’impression qu’on veuille les convertir. Et
les enfants des couples mixtes sont instruits sans problème dans la foi
catholique.
Un fermier catholique des environs, Romanus Johannes, dont la femme est
restée fidèle à l’islam, témoigne: "Tous mes enfants sont baptisés. Ma fille aînée est religieuse fransiscaine de la charité. Ma belle-mère, musulmane, est venue avec nous au couvent quand sa petite-fille a pris le voile".
Plus pessimiste, Laurensius Ramo, directeur du collège Saint-François
Xavier à Tanjung Sakti, est d’avis que la jeunesse catholique de l’endroit
doit rester vigilante: "Je ne crois pas que cette situation de paix durera
toujours chez nous. Il nous faut préparer nos jeunes à faire face à une situation différente un jour ou l’autre".
Tanjung Sakti se situe à 200 km au sud-ouest de Palembang, siège d’un
diocèse catholique et chef-lieu de la province de Sumatra-Sud. (apic/comap)