Indonésie : les missionnaires étrangers menacés d’expulsion (020290)
Djakarta, 31janvier(APIC) L’Indonésie expulsera les missionnaires étrangers, en particulier les prédicateurs musulmans, s’ils exercent des activités contraires à la politique du gouvernement, a déclaré à Djakarta le ministre des Affaires religieuses d’Indonésie, Munawir Sjadzali. Les missionnaires ayant collaboré avec l’opposition seront expulsés du pays, a-t-il
ajouté, précisant que l’Indonésie dirait à ceux dont les activités sont en
contradiction avec la politique nationale que la porte est grande ouverte
pour qu’ils quittent le pays.
Le gouvernement indonésien, affirme Munawir Sjadzali, s’est rendu compte
qu’un missionaire étranger est entré dans le pays avec seulement un visa de
touriste. "De tels cas se sont produits non seulement en Indonésie, mais
aussi en d’autres pays islamiques", a-t-il ajouté. C’est pour cette raison
que les ministres des Affaires religieuses de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) se sont mis d’accord lors de leur assemblée de 1989
pour que des missionnaires étrangers se rendant dans d’autres pays pour y
travailler le fassent en harmonie avec la politique locale.
La proposition émise par l’Indonésie a été approuvée parce qu’un grand
nombre d’autres pays musulmans ont été un jour ou l’autre confrontés à des
problèmes semblables. "Les organisations missionnaires musulmanes venant de
l’étranger devraient toujours s’adapter à la politique intérieur des pays
concernés et ne pas y faire de la subversion", a ajouté Munawir Sjadzali.
L’Indonésie accueillera en 1991 une assemblée à laquelle seront présents
neuf ministres des Affaires religieuses de l’OCI.
T. da Lopez, un laïc catholique responsable du Département du personnel
ecclésiastique de la Conférence épiscopale indonésienne (KWI) relève que
ces dernières années, aucun missionnaire n’a été autorisé à entrer dans le
pays. Des visas temporaires n’ont été accordés qu’aux missionnaires diplômés en théologie et chargés de la formation des futurs responsables religieux locaux.
Les missionnaires étrangers ayant travaillé dans le pays doivent demander la citoyenneté indonésienne s’ils désirent rester, a relevé Munawir
Sjadzali. La naturalisation, a-t-il ajouté, est le seul moyen de rester
dans le pays, "cela signifie qu’il faut choisir entre la naturalisation ou
l’expulsion", a-t-il ajouté.
Le gouvernement accorde actuellement une dernière prolongation de visa
pour les missionnaires qui n’ont pas demandé la naturalisation après dix
ans de séjour dans le pays. Ces mesures ont été appliquées à 85 missionnaires en 1989, a souligné T. da Lopez. 25 missionnaires ont quitté le pays
soit à en raison d’un visa échu, soit à la suite d’une décision personnelle
consécutive à cette nouvelle politique. "De 1980 à août 1989, a ajouté T.
da Lopez, 312 missionnaires étrangers sur les 1037 que compte l’Indonésie
se sont fait naturaliser".
Le journal "Suara Karya" ("La Voix du Travail") à Djakarta a rapporté le
23 janvier que selon le ministre de la justice Ismail Saleh, le gouvernement indonésien a expulsé 900 étrangers en 1988 et environ 1200 en 1989.
(apic/ucan/cor)