Indonésie: Le célibat consacré va à l’encontre de la (281290)
Se marier signifie participer à la survie de la tribu
Jakarta, 28décembre(APIC) Dans une région comme l’Irian Jaya, en Indonésie, où la tradition considère le mariage et la polygamie comme essentiels
à la survivance de la culture tribale, le célibat consacré apparaît comme
un obstacle à l’éclosion des vocations sacerdotales et religieuses, estiment des religieux vivant dans l’île.
A l’heure où l’Eglise d’Irian Jaya - partie occidentale de la NouvelleGuinée appartenant à l’Indonésie et peuplée de plus d’un million de Papous
- essaye de promouvoir les vocations sacerdotales et religieuses, le célibat apparaît comme un obstacle culturel de taille. On se trouve en effet
ici face à une culture où, selon les paroles du Père augustin Anton Tromp,
"un homme qui ne se marie pas se déclare par là même incapable de maintenir
une famille. Il est considéré comme un traître puisqu’il ne participe pas à
la survivance de sa tribu". Pour cette raison il est difficile à l’Eglise
de promouvoir le célibat consacré aux yeux des catholiques locaux, estimet-il. Les parents n’acceptent pas qu’un de leurs enfants devienne prêtres,
religieux ou religieuses, car chacun des membres de la société irianaise
est responsable de la survie de la communauté.
Un autre religieux augustin, le Père August Safuf, âgé de 34 ans et luimême originaire d’Irian Jaya, pense quant à lui que "les catholiques ne
portent plus le même regard sur le rôle du prêtre dans la société, parce
qu’ils ont pris conscience de ce que les missionnaires ont apporté au développement du pays; ils ont commencé à réaliser que s’il n’y a plus de missionnaires, il n’y aura personne pour continuer le travail de l’Eglise
ici". Comme fils aîné, il a dû cependant lutter pour obtenir le consentement de ses parents. Mgr François-Xavier Sudartanta Hadisumarta, religieux
carme et évêque du diocèse de Manokwari-Sorong a confirmé à l’agence de
presse catholique UCANews de Hong Kong la difficulté pour l’Eglise locale
de recruter des personnes prêtes à se consacrer dans le célibat aux catholiques irianais.
Etant donné les énormes difficultés de communication dues à un relief
extrêmement accidenté, l’Eglise catholique a dû se doter de petits avions
Cessna 185 pour desservir nombre de paroisses qui n’ont pas de prêtre à
demeure. Malgré cela, de nombreuses communautés ne peuvent célébrer
l’eucharistie chaque dimanche. C’est pourquoi des voix se font entendre
dans l’Eglise locale pour que la règle du célibat ne soit plus obligatoire,
ce qui permettrait d’avoir des vocations indigènes. (apic/ucan/be/ec)