Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Interview de Mgr Anton Pain Ratu, évêque du diocèse d’Atambua

    Indonésie: former des prêtres plus proches de la réalité (080890)

    Atambua (Indonésie), 8août(APIC) L’Indonésie souffre d’un manque de prêtres. Pour remédier à cette situation, Mgr Anton Pain Ratu, 61 ans, de la

    Société du Verbe Divin (SVD), évêque du diocèse d’Atambua, dans le district

    centre-nord de Timor (Timor occidental) insiste sur la nécessité d’une formation mieux ancrée dans le réel qui rende les futurs prêtres plus aptes à

    comprendre l’existence quotidienne et les besoins des gens dont ils auront

    la charge.

    Mgr Pain Ratu préside la Commission pour les Séminaires de la Conférence

    des Evêques d’Indonésie (KWI) depuis 1982. Il conduira la délégation de la

    KWI au Synode mondial des évêques qui aura lieu à Rome en octobre.

    Les chiffres de 1987 recensaient 4’384’200 catholiques vivant en Indonésie: parmi eux, 1’813 sont des prêtres et 2’086 des séminaristes. Cette

    proportion est-elle acceptable ?

    C’est relatif. Le manque de prêtres est ressenti surtout dans le diocèse

    d’Atambua, dans les îles de Timor et de Ruteng, dans l’île de Flores et

    dans le Nussa Tenggara oriental. Dans ces diocèses, on compte un prêtre

    pour 8’000 catholiques. Par contre, dans les diocèses de Bandung et de Bogor, de Java occidental et dans le Denpasar, Bali et quelques autres diocèses, on compte un prêtre pour 1’500 catholiques. En Indonésie, il y a en

    moyenne un prêtre pour 4’000 catholiques. Nous avons encore besoin de séminaristes, même si certains diocèses en ont assez.

    Comment se fait l’éducation au séminaire en Indonésie ? Rencontre-t-elle

    les besoins des catholiques indonésiens ?

    Pour ceux qui envisagent la prêtrise en conformité avec le Concile Vatican II, le nombre de prêtres et de séminaristes est suffisant. Mais pour

    les catholiques aux idées pré-conciliaires, les prêtres et les séminaristes

    d’aujourd’hui sont trop instruits, trop modernes et trop intellectuels. Des

    catholiques qui précédemment considéraient les prêtres comme des personnes

    responsables de tout ont aujourd’hui le sentiment que leurs prêtres ne font

    plus face à tous leurs besoins. Cette situation a sa racine dans le système

    éducatif en vigueur dans les séminaires, qui provoque souvent une aliénation culturelle lorsque les séminaristes oublient leur propre culture ou

    sont forcés de s’en détourner. La KWI a demandé au Saint-Siège qu’il accorde plus d’autorité aux évêques locaux afin de donner aux séminaristes d’ici

    une formation conforme à la réalité indonésienne.

    Par rapport à l’éducation donnée aux des séminaristes, qu’entendez-vous

    par "culture indonésienne" ?

    La culture indonésienne, c’est l’agriculture. La plupart des Indonésiens, y compris les catholiques, vivent dans une société agricole. 90% des

    300’000 hommes que compte mon diocèse travaillent comme paysans-fermiers.

    Invitez-vous les prêtres à vivre comme des fermiers ?

    La "Ratio Fundamentalis" pour la formation des séminaristes indonésiens

    a encouragé une éducation orientée vers la situation existentielle des fermiers. Cette idée n’a pas été largement mise en pratique , mais elle a été

    introduite et développée dans plusieurs petits et grands séminaires. Les

    séminaristes sont formés à maîtriser les techniques agricoles. Aussi

    l’agriculture ne leur sera-t-elle pas étrangère. En tant que prêtres ils

    doivent vivre en communion avec les fermiers, non pas au-dessus ni à côté

    de ces derniers, mais ensemble avec eux. Il n’est pas nécessaire que les

    prêtres exploitent une ferme pour vivre, mais ils doivent être capables de

    sentir les réalités existentielles des fermiers.

    Qu’en est-il de la formation académique des séminaristes ?

    Il existe parmi les séminaristes une forte tendance à étudier beaucoup

    pour atteindre le niveau académique exigé par le gouvernement. Ceci est

    malsain. Nous avons naturellement besoin de prêtres experts dans certains

    domaines, mais cela ne signifie pas que chaque prêtre doive être un spécialiste ou un érudit.

    Est-ce à dire que les catholiques indonésiens en général n’ont pas besoin de prêtres ayant une formation de haut niveau ?

    Il existe des endroits où les catholiques ont besoin de prêtres jouissant d’une formaton de haut niveau. Mais il y a également des endroits où

    les catholiques ont besoin de prêtres témoignant de la vie consacrée et de

    la spiritualité. Les catholiques en Indonésie et dans les autres pays ont

    encore besoin de prêtres dont la vie est un témoignage chrétien. Un prêtre

    ne doit pas être un expert, mais il doit être pieux.

    Quel genre de piété les catholiques indonésiens réclament-ils ?

    Une piété d’inculturation. Les prêtres doivent se montrer polis et hautement respectueux envers les diverses activités et les affaires spirituelles. Même avant l’avènement du christianisme, le peuple indonésien respectait les choses nobles et le sacré et cette attitude doit être maintenue et

    purifiée à la lumière de l’Evangile. C’est une erreur, et c’est aussi ironique lorsque des séminaristes ou des prêtres ne manifestent pas une attitude pleine de vénération envers le Saint-Sacrement, tandis que les catholiques laïques, eux, le font.

    Que pensent les catholiques indonésiens du célibat des prêtres ?

    Les prêtres sont très respectés ici parce qu’ils mènent une vie de célibat. En relation avec ce facteur, beaucoup de chrétiens laïques n’accepteraient pas d’hommes mariés comme prêtres.

    Quelques grands séminaires abritent beaucoup de séminaristes. Cela rendil l’Eglise indonésienne heureuse ?

    Oui, mais comme je l’ai mentionné, il faut une sélection naturelle. En

    d’autres termes, il ne faut pas séduire quelqu’un pour qu’il soit prêtre ni

    le gâcher, mais il faut le laisser se développer naturellement. Le plus tôt

    possible, les séminaristes doivent être éprouvés et entraînés à faire face

    aux défis et à devenir indépendants.

    Qu’en est-il des subventions financières pour les séminaires ? En avezvous encore besoin ?

    Oui, et les subventions sont importantes. Mais elles ne doivent pas entraver les efforts en vue de l’autosuffisance. Je suis heureux de constater

    le niveau de vie actuel des prêtres et séminaristes indonésiens. Ils ne vivent ni dans la pauvreté ni dans le luxe. Ici les catholiques ne jalousent

    pas leurs prêtres.

    Quel jugement portent les non-catholiques sur les prêtres et les séminaristes en Indonésie ?

    Ceux qui sont habituellement associés aux prêtres et aux séminaristes

    éprouvent du respect envers eux à cause de leur hospitalité, de leurs dispositions amicales et intellectuelles. En Indonésie, les prêtres catholiques sont respectés par la société.

    Avez-vous le projet d’ouvrir un grand séminaire pour les prêtres diocésains ici ?

    Les locaux sont prêts. Nous cherchons encore le personnel. Le séminaire

    projeté accueillera des séminaristes diocésains en provenance des diocèses

    de Weetebula et des îles Sumba et Sumbawa, de l’archidiocèse de Kupang, de

    Timor et du diocèse d’Atambua. Le travail manuel sera introduit et fera

    l’objet d’une sérieuse attention dans ce séminaire. Nous voulons que nos

    séminaristes aient du respect pour le travail manuel, y compris celui qui

    est pénible et malpropre. J’espère obtenir des prêtres travailleurs qui auront la volonté de travailler fût-ce au risque de se salir, puisque la

    communauté qu’ils servent survit également en travaillant de ses propres

    mains. En formant des "prêtres-fermiers", l’Eglise indonésienne sera réellement inculturée dans la culture indonésienne. (apic/ucan/gar)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus