Inde: un mémorandum au représentant du Saint-Siège (190793)
"La tradition de l’Eglise syro-malabar
n’appartient ni aux Chaldéens ni à l’Occident"
New Delhi, 19juillet(APIC) Un "Comité d’action liturgique" de l’Eglise
syro-malabar a remis à Mgr Mar Abraham Kattumana, délégué pontifical auprès
de cette Eglise de rite oriental récemment déclarée autonome, un mémorandum
qui présente la liturgie telle que de nombreux chrétiens désirent la voir
évoluer. Ce groupe, composé de laïcs, est en fait encouragé par la majorité
des évêques du même rite. Le mémorandum risque de ranimer une querelle dans
l’Eglise syro-malabar.
Le mémorandum invite le Saint-Siège à admettre que la tradition de
l’Eglise syro-malabar n’appartient ni aux Chaldéens ni à l’Occident, mais
qu’elle est indienne du Kerala. Il réclame de plus la suppression des prières et des coutumes d’origine nestorienne, ainsi qu’un examen approfondi
des livres de théologie, de liturgie et de catéchèse.
Les auteurs du mémorandum veulent encore la fermeture des instituts qui
enseignent la liturgie chaldéenne, et exigent une enquête approfondie sur
le "lavage de cerveau" dont seraient victimes certains chrétiens, en particulier des religieuses, dans les diocèses dits "prochaldéens".
Selon le texte remis au représentant du Saint-Siège, les deux rites,
chaldéen et latin, sont également étrangers en Inde. Le premier ne serait
pas théologiquement sûr, car il aurait subi des influences nestoriennes.
"La tradition de l’Eglise syro-malabar est à trouver dans la ’loi de saint
Thomas’, qui disparut au moment de l’intrusion des rites chaldéens et latin
dans l’Eglise syro-malabar".
Deux groupes, l’un réformateur, l’autre conservateur, s’opposent au sein
de cette Eglise. Les premiers voudraient améliorer la liturgie de la messe
telle qu’elle existe actuellement et telle qu’elle a été approuvée par le
Saint-Siège, "ad experimentum" jusqu’en 1994.
Selon le texte présenté à Mgr Kattumana, avant 1962, l’Eglise syro-malabar utilisait une liturgie chaldéenne "latinisée", en langue syriaque.
Après le Concile, Rome lui demanda de revenir à la liturgie d’avant l’arrivée des Portugais (début du 16e siècle). Mais le processus de retour en arrière a soulevé bien des difficultés. Et beaucoup désirent que des mises au
point soient effectuées, des erreurs corrigées, et que l’on modernise une
liturgie qui date.
Quant aux conservateurs - les évêques qui les soutiennent sont en minoritaires - ils veulent revenir à l’observation stricte de la liturgie préportugaise. (apic/eda/pr)