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    Inde: Un institut jésuite sommé de s’expliquer sur la nature "politique" de son travail

    Mise en demeure du gouvernement

    Delhi, 18 octobre 1999 (APIC) Le gouvernement indien, dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP), parti nationaliste pro-hindou, a demandé à l’Institut social indien (ISI) de s’expliquer sur la nature "politique" de son travail. L’ISI est un institut de recherches sociales installé à New Delhi et dirigé par les jésuites

    L’ISI relie entre elles quelques centaines de petites organisations non-gouvernementales impliquées dans des programmes de développement, dans le but de contribuer au bien-être socio-économique des aborigènes, des basses castes, des dalits (ex-intouchables) et autres catégories défavorisées.

    Le 27 septembre dernier, le ministère fédéral de l’Intérieur lui a envoyé une notification lui enjoignant de "démontrer" dans un délai de 30 jours qu’il ne peut être considéré comme "une organisation de nature politique". La note invoque l’"India’s Foreign Contribution (Regulation) Act", une loi promulguée en 1976, qui stipule qu’aucune organisation de nature politique ne peut accepter de fonds en provenance de l’étranger sans autorisation préalable du gouvernement.

    La note relève que, durant les élections générales qui viennent de s’achever, l’ISI "a été associé à certaines publicités publiées dans la presse et à certains documents dont le contenu est de nature politique".

    Selon le directeur de l’ISI, le Père Ambrose Pinto, jésuite, cité par le bulletin ""Eglises d’Asie" (EDA) à Paris, cette mise en demeure marque "le point culminant" du mécontentement du gouvernement face à "la conscientisation sociale provoquée chez les gens par le travail des ONG".

    A l’occasion de la campagne électorale de septembre-octobre, l’ISI a bien coordonné le travail d’une quarantaine d’ONG réclamant, par le biais de la publication d’un "agenda des gens", l’interdiction de toutes les organisations politiques fondamentalistes. Mais le Père Pinto s’est défendu de poursuivre un objectif politique. "L’ISI a critiqué des réalités qui ne sont pas en accord avec la Constitution indienne et s’est opposé aux violations des droits de l’homme. Mais l’institut n’a jamais adopté une attitude partisane", a-t-il assuré.

    EDA relève que, selon certains responsables d’Eglise, ces pressions exercées sur l’ISI tout comme la centaine de cas de violences anti-chrétiennes recensés l’an dernier sont le fruit de l’irritation des hautes castes à l’encontre des missionnaires chrétiens qui, par leur travail, remettent en cause l’ordre social justifiant le système des castes et l’analphabétisme. (apic/cip/eda/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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