Inde: Querelle de rites après la fondation (050589)
Bombay, 5mai(APIC) Un groupe de catholiques syro-malabars de Bombay, en
Inde, a décidé de boycotter financièrement les prêtres dans le nouveau
diocèse de Kalyan, fondé il y a huit mois sur le territoire de l’archidiocèse de Bombay. Ce diocèse de rite oriental a été créé à la suite de
l’intervention du Vatican dans les querelles séculaires provoquées en Inde
par la rivalité entre les Eglises de rites différents. Un front uni de
laïcs catholiques d’origine syro-malabare milite pour le libre choix dans
les services religieux.
Ces catholiques syro-malabars souhaitent continuer de participer aux offices religieux dans les paroisses existantes de rite latin et ne veulent
pas se soumettre au nouvel évêque syro-malabar de Kalyan, Mgr Paul Chittilapilly. Le refus de ce groupe de catholiques du Kerala vivant actuellement
dans l’archidiocèse de Bombay est considéré par les observateurs comme un
échec pour les Eglises de rite oriental en Inde qui cherchent à étendre
leur champ d’activité pastorale dans les régions ou ont émigré les catholiques de rite oriental en provenance du sud-ouest de l’Inde. Il y a deux
ans, en mai 1987, le pape Jean Paul II permettait la fondation du diocèse
de Kalyan, estimant que la situation dans la région de Bombay-Poona-Nashik
était assez mûre pour l’établissement d’une éparchie de rite syro-malabar.
L’intervention du Vatican avait été rendue nécessaire par l’impossibilité des évêques Indiens de s’entendre eux-mêmes sur la question des rites.
Tandis que certains évêques et prêtres syro-malabars affirmaient que leurs
fidèles vivant dans les diocèses de rite latin étaient spirituellement
négligés, les évêques latins assuraient que tous les fidèles étaient
traités sur un pied d’égalité. La décision de Rome semble cependant créer
de nouvelles difficultés, car des catholiques de rite latin vivant dans des
diocèses syro-malabars établis dans les années 60 ont à leur tour demandé
une assistance pastorale conforme à leur rite.
De graves problèmes sont apparus dans les paroisses quand des prêtres de
rite latin ont commencé à exiger des certificats de non-objection de la
part de l’Eglise syro-malabare avant de donner le baptême ou d’autres
sacrements à des fidèles de rite syrien. Les catholiques syriens, vivant
dans des diocèses de rite latin depuis des décennies après avoir quitté le
Kerala en quête de travail, craignent pour l’avenir de leurs enfants, qui
ne sont plus coutumiers du rite syro-malabar. Notons également que dans ces
régions, toutes les écoles, collèges, hôpitaux et institutions catholiques
sont aux mains des catholiques latins. Les nouveaux changements ont également eu des répercussions hors de Bombay : Mgr Benedict Osta, évêque de
Patna, dans l’Etat du Bihar, a refusé d’ordonner trois jésuites appartenant
au rite syro-malabar avant qu’ils n’aient obtenu un certificat de non-objection de la part de Rome. (apic/ucan/sar/be)