Inde : Querelle de rites à Bombay (080790)
être intégrés au diocèse de Kalyan des Syro-Malabars
Bombay, 8 juillet (APIC) Des fidèles catholiques de Bombay, originaires de
l’Etat du Kerala, au sud-ouest de l’Inde, refusent toujours de rejoindre le
nouveau diocèse de Kalyan des Syro-Malabars, un diocèse de rite syro-malabar érigé en 1988, et veulent rester au sein de l’archidiocèse de Bombay,
dans les paroisses de rite latin.
Le Front Uni des Laïcs, une organisation de dissidents catholiques syromalabars, a déjà organisé des manifestations silencieuses, comme celle du
10 juin dernier à l’extérieur de l’église Ste Thérèse, à Bandra, pour
exiger de pouvoir choisir librement de rester membres de la paroisse latine
locale.
Lors de cette dernière manifestation, on pouvait lire sur les pancartes
brandies par la foule : "Ne nous séparez pas d’autres frères catholiques
vivant dans les paroisses de Bombay", "Nous voulons que les prêtres des paroisses de l’archidiocèse de Bombay continuent à nous administrer tous les
sacrements comme ils l’ont fait jusqu’à présent", "Quel péché avons-nous
commis - Est-ce un péché originel d’être né Syro?", "Maintenez la paix et
la concorde dans l’Eglise catholique, contre la division basée sur les rites".
La communauté catholique divisée
Les tracts distribués par les manifestants précisaient : "L’établissement du diocèse de rite syrien de Kalyan, en août 1988, pour les catholiques syro-malabars, à Bombay, Pune et Nashik, créant une double juridiction
à l’intérieur des diocèses catholiques existants, a sévèrement divisé la
communauté catholique, perturbant une longue ère de paix et d’harmonie".
Une partie des catholiques de Bombay, Pune et Nashik originaires du Kerala
ont, depuis plusieurs générations, vécu dans différentes paroisses latines
des diocèses existants, en étroite communion avec leurs autres frères catholiques. Tous leurs besoins spirituels ainsi que leurs besoins sociaux
étaient totalement satisfaits au sein des paroisses locales, affirment les
protestataires.
Ainsi, affirment-ils, ils participaient aux différentes activités laïques comme n’importe quel autre paroissien, mais maintenant, "cette situation de calme et de paix est désormais totalement perturbée". Une partie de
ces catholiques originaires du Kerala, nés et éduqués comme les catholiques
locaux, sont maintenant frappés d’ostracisme et séparés de la communauté
catholique locale", ajoutent les tracts qui circulent actuellement.
Pour faire face à ces manifestations de protestation, les supporters du
diocèse de Kalyan ont distribué des tracts condamnant la manifestation
"comme un acte de désobéissance flagrant et un acte grave de scandale public".
"Nous estimons que les affaires de l’Eglise ne sont pas des choses à
débattre dans la rue, mais doivent être examinées par les seules autorités
de l’Eglise - en l’occurrence nos évêques bien-aimés", déclarent les
partisans du nouveau diocèse. Des tracts rappellent que le récent rassemblement de plus de 15’000 fidèles sur les terrains de la paroisse de Don
Bosco, en avril dernier, à l’occasion du deuxième anniversaire de
l’érection du diocèse de Kalyan, montre la popularité de ce diocèse, et
l’accueil et le soutien que les catholiques lui donnent".
"Nous ne sommes pas contre le diocèse de Kalyan, nous l’acceptons en
tant que fondé par le Saint-Père, nous demandons seulement que ceux d’entre
nous qui ne désirent pas être séparés de la communauté paroissiale latine
locale sur la base du rite, puissent recevoir la permission de rester dans
le diocèse latin", affirment les initiateurs des manifestations du Front
Uni des Laïcs, P. L. John et George Kurian, porte-parole du mouvement
contestataire.
Le Front Uni des Laïcs rejette l’accusation selon laquelle les dissidents ne constituent qu’une branche élitiste parmi les catholiques syromalabars, et prétend que le commun du peuple ne voulait pas non plus ce
diocèse de rite oriental.
Il faut rappeler qu’un jeûne pénitentiel et une journée de prière avaient été réalisés le 15 décembre dernier à l’extérieur du palais archiépiscopal du cardinal Simon Pimenta par les représentants régionaux du Front
Uni des Laïcs. Un mémorandum avait été alors soumis à l’archevêque de
Bombay. (apic/sar/gar/be)