Inde: projet de loi pour séparer religion et politique (070793)
Nouvelle-Delhi, 7juillet(APIC) Le gouvernement fédéral indien se propose
de présenter au parlement, au cours de la session qui se tient actuellement, un projet de loi visant à établir une claire distinction entre religion et politique. But avoué: empêcher les gens de jouer sur les mots de
"démocratie laïque" et de rendre illégale toute discrimination basée sur
des critères religieux.
Selon le bulletin "Eglises d’Asie", il s’agit en fait de renforcer les
lois existantes concernant les activités illégales dans les campagnes électorales. On veut en outre donner une définition claire ne prêtant pas à des
conflits d’interprétation, des termes "séculier" ou "laïque" contenus dans
le préambule de la Constitution.
La législation envisagée s’inspire de quatre principes: l’Etat prendra
les moyens nécessaires pour séparer religion et politique. Pour cela, toute
organisation se recrutant selon des critères de religion, de caste ou de
race sera interdite d’activités politiques; les organisations qui désirent
s’engager dans l’action politique ne seront autorisées à faire profession
d’aucune religion, elles ne pourront ni pratiquer ni propager une religion;
ces organisations devront montrer un égal respect pour toutes les religions; elles ne devront pas favoriser une religion au détriment d’une autre.
Les auteurs du projet, affirme "Eglises d’Asie", désirent renforcer le
respect des droits fondamentaux des individus. Ils se défendent de vouloir
s’opposer à la liberté de religion. Selon eux, grâce à ce projet, le gouvernement se donnerait le moyen de bannir les organisations qui mettraient
en danger la souveraineté, l’unité, l’intégrité de l’Inde ou qui encourageraient des sentiments d’inimitié ou de haine entre différentes classes de
citoyens. Des candidats qui, avant les élections, auraient montré une propension à mêler la politique et la religion pourraient se voir disqualifiés.
En réalité, commente "Eglises d’Asie", le projet de loi vise en premier
lieu les partis d’extrême-droite, tant hindous que musulmans. A la suite de
la destruction de la mosquée d’Ayodhya, le 10 décembre 1992, plusieurs organisations liées à ces partis ont été déclarées illégales. (apic/eda/pr)