Inde: Les évêques catholiques demandent aux fidèles (231292)
Par respect pour les 1’200 victimes des émeutes d’Ayodhya
New Dehli, 23décembre(APIC) Par respect et par expiation pour les 1’200
victimes des émeutes suscitées par la destruction par des fanatiques hindous de la mosquée d’Ayodhya, la Conférence des évêques catholiques d’Inde
(CBCI) a demandé aux fidèles de fêter Noël "dans la simplicité et la discrétion". Le 6 décembre dernier, les émeutiers hindous ont détruit cette
mosquée symbolique, affirmant qu’elle a été bâtie sur le lieu même de la
naissance du dieu Rama.
La destruction sous les yeux de la police de ce monument vieux de 464
ans situé à quelque 700 kilomètres au sud-est de la capitale indienne New
Dehli, dans l’Etat d’Uttar Pradesh, et les heurts intercommunautaires qui
ont suivi sont qualifiés de "tragédie nationale" par les évêques catholiques d’Inde, et par le président de la CBCI, Mgr Alphonsus Mathias, archevêque de Bangalore. Les violents incidents entre musulmans et hindous ont
gravement terni l’image de l’Inde à l’étranger et risquent de mettre à mal
les relations commerciales entre l’Inde et les pays musulmans.
Mgr Mathias a déploré ce "geste impie", qui met en danger le caractère
laïc et démocratique de l’Etat indien et la paix entre les diverses communautés religieuses. Le Centre de la Conférence épiscopale à New Dehli renoncera cette année à sa traditionnelle agape de Noël et l’argent ainsi
épargné sera versé au Fonds d’aide en faveur des victimes des violences intercommunautaires mis en place par le Premier Ministre.
Mise en cause du principe de la laïcité
Le grave incident d’Ayodhya - dont la responsabilité incombe au "Bharathya Janata Party (BJP)", le Parti du peuple indien (extrême-droite) qui
gouverne l’Etat d’Uttar Pradesh, et ses alliés fondamentalistes hindous du
RSS, du VHP et du "Bajrang Dal" - a "porté un coup mortel à la réputation
de l’Inde laïque et démocratique", notent les observateurs. Ils craignent
que la destruction de cette mosquée ne soit que la première d’une longue
liste, car il existe en Inde beaucoup d’autres mosquées bâties sur d’anciens sites hindous.
Les minorités religieuses en Inde (les musulmans sont quelque 100 millions, les chrétiens 20 millions, sans compter les sikhs, les bouddhistes
et les autres communautés religieuses plus petites) craignent que l’idéologie du BJP, qui prône l’"hindouité", ne prenne le dessus, ce qui les excluerait de facto de la communauté nationale. La plupart des leaders du BJP
et du RSS ont été arrêtés ces derniers jours sur ordre du gouvernement fédéral, aux mains du Parti du Congrès, qui défend la tradition laïque des
"pères fondateurs" de l’Inde. (apic/ucan/eda/be)