Inde: les chrétiens face aux tensions (030888)
Ranchi, 3août(APIC) Victimes de pressions et face aux contraintes du gouvernement, les chrétiens de la région des hauts-plateaux du Chhota Nagpur
au nord-est de l’Inde, sont constamment confrontés à des tensions de tous
genres. La ville de Ranchi est le centre ou convergent toutes les paroisses
de la région. Les nombreuses Eglises, chapelles, écoles et collèges, couvents et monastères y sont nombreux. Autant de signes qui témoignent d’une
communauté chrétienne importante et vivante. La région cependant n’est pas
exempte de tensions et de conflits occasionels entre la communauté
chrétienne et les hindous, déclare le service d’agence de presse SARNews de
New Dehli.
En avril 1987, Mgr Pascal Topno d’Ambikapur a été arrêté, avec l’accord
du gouvernement. On l’accusait d’avoir baptisé un adulte durant la cérémonie pascale, violant ainsi le "règlement contre les conversions". En Inde,
il est encore très difficile de faire admettre que la conversion est une
affaire personnelle, déclare SARNews.
Dans le diocèse de Jagalpur, un parmi les onze diocèses catholiques de
la région, une école catholique a été démolie, là aussi avec l’appui du
gouvernement. L’école avait été construite par le diocèse à la requête des
villageois eux-mêmes. Le chef du village avait lui aussi pris les choses en
mains et demandé au gouvernement de pouvoir acquérir la parcelle de terrain
nécessaire.
L’école fonctionnait depuis quatre ans et la procédure d’acquisition du
terrain était en bonne voie. Sans doute victime de pressions politiques, le
chef du village changea cependant d’avis et retira son soutien. Un volteface qui permit au gouvernement de faire raser l’école, en juin 1987, au
moment ou le prêtre responsable de l’établissement était absent. Une autre
école du gouvernement a alors été construite du jour au lendemain à moins
d’un kilomètre de l’école catholique complètement détruite.
Parmi d’autres incidents significatifs, le journal SARNews cite le cas
d’un prêtre du diocèse de Raipur, arrêté sans motifs. A Nasisera, près de
Simdega, une petite grotte avec une croix ont été déclarées intolérables
par les hindous, parce que construites trop haute et à moins de sept kilomètres d’un temple. Des personnes groupées par milliers se sont alors
réunies au temple pour se diriger en procession vers la grotte du village
avec l’intention de la détruire. Les chrétiens qui forment quelque 75 % de
la population de la région s’étaient armés d’arcs et de flèches pour se
défendre. Toutefois, les manifestants se virent empêchés par la police de
pénétrer dans le village.
A Tainser, près de Orissa, une simple croix prenait aux dires de certains
trop de place à côté d’un temple hindou. La place pour les deux était pourtant suffisante. Pour les hindous, déclare le journal SARNews, il s’agit de
garder le monopole de la religion.
Toutes ces tensions sont certes le fruit de désaccords et d’ inquiétudes
est-il souligné dans l’article. Peut-être suffirait-il d’une meilleure
compréhension entre personnes de toutes religions pour favoriser l’harmonie
religieuse et la paix dans ces régions de l’Inde. (apic/sar/bcy)