Bombay, 14juin(APIC/CIP) La contribution que l’Eglise catholique apporte
à la société indienne ne lui vaut que l’hostilité, la suspiscion et la
harcèlement : c’est ce qu’a constaté avec amertume le cardinal Simon Pimenta, archevêque de Bombay, lors d’une convention nationale de l’Eglise
catholique qui s’est tenue du 2 au 5 juin à Bombay à l’initiative de la
conférence épiscopale indienne.
L’Eglise catholique est la deuxième grande minorité indienne en importance, a constaté l’archevêque, et elle est partout active dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’aide sociale. Ses 12 millions de
fidèles ne reçoivent pourtant ni soutien ni encouragement, et sont au contraire en butte à toutes sortes de difficultés. Dans certaines régions, ils
doivent même affronter la violence.
Dans l’Etat de Bihar, les autorités viennent de recevoir de la part du
gouvernement central de New Delhi l’ordre de prendre immédiatement des mesures pour protéger les chrétiens, qui appartiennent pour la plupart aux
castes inférieures, des malversations dont ils sont les victimes de la part
d’activistes hindous. Cette injonction fait suite à une visite effectuée
durant la dernière semaine de mai à New-Delhi par une délégation du clergé
du Bihar. Celle-ci y a rencontré à cette occasion le Premier ministre Rajiv
Gandhi et le ministre de l’Intérieur, Butha Singh, auxquels elle a remis un
memorandum illustrant notamment la profanation de leurs églises à Chotanagpur et dans les régions environnantes du Madhya Pradesh.
Le ministre de l’Intérieur a invité les autorités du Bihar à faire appel
à la police pour garantir le calme et mettre à la raison les activistes de
deux organisations hindoues militantes, le Bharatiya Janata Party et le
Rashtriya Swyam Sevak Sangh (RSSS). La délégation, qui s’exprimait au nom
des 20 millions de chrétiens indiens, était conduite par le Révérend Martin, président du Conseil des Eglises du Bihar. (apic/cip/bd)