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    L'ancien official de la secrétairerie d'État, Fabrizio Tirabassi, a affirmé qu'il n'était un instrument dans l'affaire de l'immeuble de Londres © Vatican Media

    Immeuble de Londres: l’ancien official interrogé

    Pourquoi et comment la Secrétairerie d’État en est-elle venue à confier en 2018 le contrôle de l’immeuble de Londres au courtier Gianluigi Torzi, lequel, selon l’accusation, aurait profité de la situation pour extorquer 15 millions au Saint-Siège? Telle était la question principale posée lors de la 19e audience du grand procès financier du Vatican à l’ancien official Fabrizio Tirabassi.

    L’audience de ce 31 mai 2022 a duré près de huit heures et a été intégralement consacrée aux questions du Promoteur de justice Alessandro Diddi sur le lien entre Fabrizio Tirabassi et l’immeuble de Londres. Celui-ci a particulièrement insisté sur le rôle actif joué par Mgr Perlasca, dont il était le ‘numéro 2’, pour permettre l’acquisition de la propriété britannique à partir de 2013.

    La partie la plus importante de l’interrogatoire a porté sur l’opération de ‘sauvetage’ de 2018, qui avait été demandée par le Saint-Siège pour reprendre le contrôle de son bien – confié en 2014 à l’homme d’affaires italo-britannique Raffaele Mincione – parce que des pertes importantes avaient été observées. Fabrizio Tirabassi est accusé par la justice vaticane de corruption, d’extorsion, de détournement de fonds, de fraude et d’abus de pouvoir.

    La justice vaticane reproche en particulier à l’ancien official de la Secrétairerie d’État de s’être accordé avec Gianluigi Torzi, Enrico Crasso et Raffaele Mincione pour faire pression sur son supérieur de l’époque, Mgr Perlasca, afin qu’il autorise l’opération de ‘sauvetage’ du bien immobilier. Fabrizio Tirabassi – qui était entendu pour la deuxième fois par la Justice du Vatican après l’audience du 20 mai dernier – assure cependant n’avoir été qu’un «instrument» dans cette affaire et avoir été lui-même sous pression lors de l’opération.

    Selon lui, le Saint-Siège avait mandaté Gianluigi Torzi pour mener les négociations avec Raffaele Mincione – qui se sont déroulées à Londres du 21 au 23 novembre 2018 – parce que le courtier originaire de Molise prétendait être en mesure de récupérer le contrôle de l’immeuble pour le Saint-Siège. Torzi a été présenté à Tirabassi par Giuseppe Milanese – un homme d’affaires ayant une «relation privilégiée avec le Saint-Père» depuis l’époque où ce dernier était archevêque de Buenos Aires – et avait donc été considéré comme une personne de confiance.

    L’official, envoyé à Londres avec Enrico Crasso et Gianluigi Torzi, a nié avoir réellement participé aux négociations lors de ce week-end, assurant que seul Torzi avait discuté avec Raffaele Mincione. Il assure ne pas s’être rendu compte, en examinant l’opération effectuée sous ses yeux par Gianluigi Torzi, que ce dernier avait en fait pris le contrôle de l’immeuble en se réservant toutes les actions disposant d’un droit de vote.

    Un accord signé sans avocat

    Plus étonnant, Fabrizio Tirabassi a expliqué que la délégation vaticane –Gianluigi Torzi, Enrico Crasso et lui-même – était venue sans avocat pour les assister dans la signature de l’accord. L’official a insisté sur le fait que Mgr Perlasca était conscient de la faute professionnelle que cet oubli représentait.

    Après avoir écarté un avocat qui se serait avéré être trop cher et proche de Raffaele Mincione, Fabrizio Tirabassi a expliqué que le choix de Mgr Perlasca s’était finalement porté sur Nicola Squillace, collaborateur de Gianluigi Torzi – et aujourd’hui lui aussi sur le banc des accusés.

    Tentatives d’enquêtes internes

    Il a aussi expliqué qu’en 2015 le cardinal George Pell, alors préfet du Secrétariat pour l’économie, suivi en 2018 par le réviseur général, Alessandro Cassinis Righini, avaient essayé d’obtenir des informations sur l’immeuble de Londres, sans succès.

    À l’issue de l’audience, le promoteur de justice a aussi demandé à Fabrizio Tirabassi la nature d’un de ses échanges de messages avec Gianluigi Torzi dans lequel il aurait proposé les services d’une «escort» à Milan. Fabrizio Tirabassi s’est défendu en affirmant qu’il s’agissait d’une plaisanterie.

    Les prochaines audiences auront lieu les 6 et 7 juin, à l’occasion desquelles on entendra pour la première fois Raffaele Mincione. Puis, le 22 juin, reprendra l’interrogatoire d’Enrico Crasso. (cath.ch/imedia/ic/cd/bh)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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