Hommage de Charleroi à Mgr Lemaître
Charleroi, 14octobre(APIC) C’est un Wallon, originaire de Charleroi (Belgique), Mgr Georges Lemaître, qui émit un jour l’hypothèse désormais célèbre que l’évolution de l’univers aurait commencé par un formidable "Big
Bang": l’explosion d’un atome primitif. Vingt-cinq ans après la mort de Mgr
Lemaïtre, un hommage lui sera rendu au cours d’une journée organisée le samedi 26 octobre à Charleroi.
Ce sont à la fois des anciens élèves de Mgr Lemaître, des ingénieurs civils sortis de l’Université catholique de Louvain et des anciens du Collège
jésuite de Charleroi qui ont voulu mettre à l’honneur ce mathématicien et
astronome de génie, dont beaucoup de Carolorégiens ignorent encore qu’il
naquît, comme eux, dans la métropole du pays noir.
Né à Charleroi le 17 juillet 1894, Georges Lemaître y fit ses études secondaires chez les jésuites, puis quitta le Collège du Sacré-Coeur pour
l’Université catholique de Louvain, où il obtint son doctorat en sciences
physiques et mathématiques en 1920. Il décrocha ensuite le titre de bachelier en philosophie et entra au Séminaire de Nalines, où il fut ordonné
prêtre en 1923.
A cette époque, l’abbé Lemaître préparait une thèse sur la relativité et
la gravitation, d’après les récents travaux originaux d’Albert Einstein. Il
se rendit alors à Cambridge, où le grand astronome britannique Eddington
l’initia à l’astronomie moderne. Puis il passa au Collège de l’Observatoire
de Harvard (Etats-Unis), et rentra à Louvain en 1925, où il fut npmmé professeur ordinaire en 1927.
Un univers en expansion
Les travaux d’Einstein, à cette époque, tendaient à montrer que l’univers avait plutôt la forme d’un cylindre. De son côté, W. de Sitter imaginait l’univers sphérique dans l’espace-temps. En 1927, Georges Lemaïtre se
démarqua de l’un et de l’autre: "L’univers d’Einstein, c’est de la matière
sans mouvement, expliquait-il à ses étudiants, tandis que l’univers de W.
de Sitter, c’est du mouvement sans matière. Quant à moi, je pense que
l’univers est à la fois mouvement et matière. Evidemment, du point de vue
mathématique, un tel univers n’est pas stable: il doit se dilater lentement, comme un ballon qui gonfle..."
Le jeune professeur louvaniste publia sa théorie d’un univers en expansion dans un article des "Annales da la Société scientifique de Bruxelles".
Mais face à la popularité d’Einstein, la nouvelle hypothèse tomba aussitôt
dans l’oubli. Vint le jour où Eddington tomba sur un exemplaire des modestes "Annales" bruxelloises. L’astronome britannique eut la surprise d’y
découvrir, sous la plume de Georges Lemaître, des explications qui rencontraient les observations inattendues faites à l’aide des téléscopes géants:
la lumière émise par les nébuleuses formait un spectre se décalant vers le
rouge. Or, d’après l’astronome Hubble, ce décalage indiquait que les nébuleuses s’écartaient les unes des autres. L’univers était donc bien en expansion!