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    Il y a 25 ans, le pape Paul VI (220793)

    publiait l’encyclique "Humanae vitae"

    Des fractures durables

    Paris/Bonn, 22juillet(APIC) Quelque trois ans après la fin du Concile Vatican II, le 25 juillet 1968, il y a donc tout juste 25 ans, le pape Paul

    VI publiait l’encyclique "Humanae vitae" à propos de la régulation des

    naissances. Rarement un texte papal aura fait couler autant d’encre et suscité tant de controverses. Le pape Jean Paul II, notamment à l’occasion du

    20e anniversaire de l’encyclique de Paul VI, a rappelé que cet enseignement

    est "une vérité qui ne peut être discutée".

    Cet important document d’environ 4’000 mots appelle à un "amour conjugal

    authentique" et à une "paternité responsable" et accepte les méthodes

    naturelles de planning familial; il condamne par contre sans équivoque la

    contraception et toute méthode artificielle de régulation des naissances,

    interdisant de dissocier formellement et directement deux aspects du "langage" sexuel, l’union de tendresse et l’ouverture à la vie. Il a provoqué

    et provoque encore des fractures durables dans le monde catholique, tant au

    niveau des théologiens que des simples fidèles.

    Notons que la Commission pontificale chargée des questions de population, dont les membres étaient nommés par le pape (elle était composée de

    médecins, de scientifiques, de théologiens, et dans sa phase finale d’évêques et de cardinaux), avait remis fin juin 1966 son rapport final au pape

    Paul VI. La grande majorité s’était prononcée contre l’illicéité de la contraception: experts et évêques s’étaient déclarés en majorité pour une modification de l’enseignement traditionnel et l’abandon de l’encyclique "Casti connubii" du pape Pie XI (31 décembre 1930). Mais Paul VI choisit de le

    maintenir, provoquant les réactions que l’on sait.

    Responsabilité pour le bien authentique de la personne humaine

    L’entêtement que met l’Eglise à proposer sa doctrine morale tient à sa

    responsabilité pour le bien authentique de la personne humaine, à commencer

    par celle des conjoints, rappelait Jean Paul II lors de la rencontre "Pour

    une transmission responsable de la vie humaine", organisée à Rome à l’occasion du 20 anniversaire d’"Humanae vitae".

    Pour le pape, la doctrine exposée dans ce document constitue en conséquence "la nécessaire défense de la dignité et de la vérité de l’amour conjugal". A cette occasion, le pape avait dénoncé "la mise en discussion par

    certains théologiens et pasteurs" de la doctrine enseignée par l’encyclique, une attitude qui peut "faire naître des doutes à propos d’un enseignement qui est sûr aux yeux de l’Eglise et obscurcir ainsi la perception

    d’une vérité qui ne peut être discutée".

    Pas de volonté du pape Jean Paul II de dogmatiser "Humanae vitae" ?

    Il y a trois ans, le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi, réagissant aux craintes formulées publiquement par les signataires de la "Déclaration de Tübingen", déclarait

    n’avoir pas connaissance de la volonté du pape Jean Paul II de dogmatiser

    la doctrine concernant la régulation des naissances contenue dans "Humanae

    vitae".

    La "Déclaration de Tübingen", signée en juillet 1990 par 22 théologiens

    catholiques de renom - comme les théologiens suisses Hans Küng, qui enseigne à Tübingen, Dietrich Wiederkehr (Lucerne), Herbert Haag (Lucerne/Tübingen) ou Heribert Fries (Munich) et Norbert Greinacher (Tübingen)- exprime

    la crainte que dans la prochaine encyclique de Jean Paul II sur la morale,

    "l’interdiction de la contraception mentionnée dans l’encyclique ’Humanae

    vitae’ de 1968 soit présentée comme un enseignement définitif et infaillible".

    Un an auparavant, le célèbre moraliste allemand Bernhard Häring affirmait que des pressions de milieux conservateurs étaient exercées dans le

    but de faire déclarer par le pape qu’"Humanae vitae" est un dogme. Pour le

    Père rédemptoriste allemand, il s’agirait d’un désastre inimaginable, "car

    la grande majorité des fidèles refuserait l’infaillibilité du pape et il y

    aurait de plus des discussions sans fin sur la nature du dogme".

    Interrogé à la même époque par le mensuel "30 Jours", le Père Peter Hans

    Kolvenbach, préposé général de la Compagnie de Jésus, avait qualifié "Humanae vitae" d’"encyclique de crise", affirmant qu’il est "typiquement

    jésuite" d’être préoccupé et interpellé par les protestations que

    l’encyclique a suscitées et de prendre à coeur le sort des croyants qui,

    refusant l’enseignement de Paul VI, ont quitté l’Eglise, que ce soit en

    claquant la porte ou sur la pointe des pieds...".

    Le Père Kolvenbach estime à cette occasion qu’il est certes plus facile

    d’ignorer ce désarroi, mais, ajoute-t-il, "il ne suffit pas de proclamer la

    pureté prophétique de la norme de vie, il faut aussi s’ouvrir aux situations concrètes des familles chrétiennes pour les aider à vivre le mystère

    de l’amour chrétien, dans l’obéissance effective et affective à une norme

    dont l’Eglise a toujours défendu la valeur au nom de l’amour révélé par le

    Seigneur". (apic/cic/kna/be)

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